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« A bon entendeur salut ! ». C’est par cette formule à la spartiate que s’achève le communiqué du ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique (MEERS), passé plusieurs fois sur Radio-Mali en fin de semaine dernière et qui insistait sur le maintien du calendrier des examens de fin d’année. Ce faisant, l’autorité ne change pas d’un iota sa position sur les revendications d’une partie du personnel enseignant.

Cependant, si ce n’est de jeter l’huile sur le feu, « à bon entendeur salut ! » ne contribue aucunement à l’apaisement alors même qu’un décideur, psychologue de surcroît, doit pouvoir faire table rase de ses ressentiments pour ne privilégier que la conciliation et la réconciliation. Dommage !

Les élèves des classes de terminales des lycées composent donc à partir de ce matin pour décrocher le bachot « avec ou sans les enseignants » de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses), qui, faut-il le rappeler, ne veulent rien entendre tant que leurs doléances ne sont pas satisfaites.

Toutefois, tout comme la précision du chirurgien, nécessaire sur la table d’opération, la présence de l’enseignant à un examen scolaire est une condition sine qua non de transparence et de crédibilité des résultats.

Peut-être que les boycotteurs ne sont pas exempts de reproche si l’on tient compte du fait que leur métier, plus que beaucoup d’autres, est un véritable sacerdoce qui exige don de soi et abnégation, mais tout de même !

Il est donc quasiment certain que pour la première fois, l’examen du baccalauréat et plus tard ceux du Certificat d’aptitude professionnelle (Cap) et du Brevet de technicien (BT) vont se faire dans l’indifférence de certains enseignants qui, refusent en l’état actuel des choses, de participer au choix des sujets, à la surveillance des examens et à la correction des épreuves.

On peut croire qu’ils sont a priori les perdants de ce bras de fer dans la mesure où l’Etat peut réquisitionner du personnel administratif pour appuyer les « non grévistes ». Mais c’est du « to ka djè », c’est-à-dire un colmatage qui a tout simplement le don de déplacer les problèmes.

Ainsi va notre Mali où le « ta gnini » (quête du profit personnel en bambara) est sur le point d’assassiner l’espoir. Voilà pourquoi les protagonistes en sont arrivés à oublier que les candidats sont leurs frères, leurs parents, leurs amis ou connaissances qui ont besoin de leur accompagnement pour assurer l’avenir.

Il est évident que c’est toute la nation, les candidats en première ligne, qui pâtira de ce conflit. Même si les épreuves se tiennent dans la paix, la sérénité et sans la Coses, rien ne doit autoriser les décideurs à crier victoire parce que le baccalauréat malien, déjà fortement déprécié, sera encore plus loin du bout du tunnel.
« A bon entendeur salut ! »


A. M. T.

23 Juin 2008