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Notre pays est une nation en voie de contre développement si les quelques patriotes ne songent pas à remédier le cap. Le Mali court droit dans le mal développement. Il est mal parti depuis l’avènement de la démocratie. Le présent accouche, dit-on de l’avenir. Malheureusement, notre présent ne permet pas de voir une grande lisibilité pour demain.

Deux événements nous interpellent tous :

Primo, l’enseignement, les réformes et les diktats de la Banque Mondiale et du FMI. La question de l’enseignement continue de susciter des débats car cela fait presque vingt années que les cours ne sont pas correctement dispensés dans les établissements scolaires.

Pourtant, beaucoup de concertations ont eu lieu, des concepts nouveaux ont été élaborés, des réunions ont été des occasions de brillantes dissertations et de savantes déclarations. Leur sort est semble t-il de s’en tenir au monde des idées, de la spéculation alors que tout autour de nous le fossé se creuse entre le Mali et les pays de la CEDEAO.

Quand on relit les rapports et les conventions signés entre le Mali et les institutions de Bretton Woods, une conclusion s’impose : le Mali s’interroge sur son avenir. Il a signé toutes les conventions ou accords avec ses partenaires au développement. Les programmes d’ajustement structurels mis en œuvre de façon ininterrompue au Mali depuis 1982 ont traversé trois phases contrastées.

La première séquence, fut l’imposition du concours d’accès à la fonction publique (1982-1984). La seconde période (1984-1990) est celle de la privation des sociétés et entreprises d’Etat, puis l’accélération d’un dérapage économique. Le dernier (1994) est celui du mûrissement de la crise sociale et politique de l’ajustement. Ainsi les politiques du PAS ont accru le gaspillage des ressources notamment dû au fait de la réduction des effectifs et du stoppage des recrutements ou de la création de nouvelles entreprises publiques.

Aujourd’hui (l’ajustement structurel)) connaît au Mali une grave crise politique et sociale. Le décalage est immense entre l’expérience au quotidien et l’image internationale du modèle malien. Le marché du travail est déprimé. Face à ces diktats, c’est la désespérance des jeunes face à leur avenir. Leur désespérance est quasi générale et la délicatesse de la situation actuelle contribue à la consolider. Dans cette perspective, on est donc en droit de s’inquiéter des conséquences à terme sur le niveau d’alphabétisme de la population.

Le premier président, démocratiquement élu issu de la corporation enseignante, a sacrifié l’école, les enseignants, les élèves et les étudiants au siège du FMI à Washington afin d’avoir les mains libres pour une privatisation outrancière du patrimoine national.
Pourtant, le professeur de la démocratie en Afrique avait toute la latitude de mettre l’école sur les rails.

Secundo, l’armée, la seule structure pourvoyeuse d’emploi est seulement ouverte aux fils de militaires. Le second président, démocratiquement élu, le général Amadou Toumani Touré sacrifie son armée dans le Nord du Mali dans une rébellion transformée en fonds de commerce. Dans l’armée, on ne recrute que les enfants des officiers qu’on n’envoie jamais au front (au nord). Du coup, nous avons une armée sans combattants mais de bureaucrates accrochés à un talkie-walkie.

Dans ces conditions, l’avenir de notre pays est inquiétant. L’école ne forme plus, une fonction publique qui ne recrute plus et une armée sans combattant. Les deux présidents démocratiquement élus ont tous sacrifié leur corporation.

Brin COULMIBALY

14 avril 2008.