Partager

Plusieurs sommités du système économique et financier malien étaient présentes, entre autres Abou-Bakar Traoré, ministre de l’Economie et des Finances, Hamed Diané Séméga, ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau et président du CPD, Bakary Konimba Traoré « Pionnier », directeur de la dette publique ainsi que les membres du club.

Le thème « capacité d’absorption et de rétention de flux de capitaux extérieurs par l’économie malienne » a été développé par Mody N’Diaye, secrétaire général du ministère de l’industrie et du Commerce et Ousmane Sidibé, président directeur général de Pharmacosma, respectivement dans les domaines du secteur public et du secteur privé.

Grâce à son système politique, économique et financier, le Mali exerce un attrait de plus en plus croissant sur les bailleurs de fonds et les entreprises privées étrangères.

Cela se manifeste par d’importants engagements de financement et d’investissements qui ne trouvent pas les capacités techniques et administratives appropriées pour les transformer en flux réels bénéficiant durablement à l’économie malienne.

Ce qui pose aussi le problème connexe de la disponibilité et de la qualité des fournisseurs privés nationaux de biens et services à acquérir au moyens de ces flux.

Par ailleurs, les Maliens de la diaspora effectuent de gros transferts de fonds pour lesquels le problème se pose dans les mêmes termes et avec la même acuité.

C’est pour lever ce double paradoxe que le Club Perspectives et Développement a initié le débat du 16 décembre. Mais auparavant, le Club avait organisé deux séminaires internes pour mieux cerner le problème.

Le premier, tenu le 27 août , a concerné les capacités d’absorption et de rétention des flux publics de capitaux extérieurs.

Les conclusions font ressortir que le Mali n’a pas les capacités d’absorber des flux importants de capitaux ; que près de 2/3 des investissements publics sont financés sur des ressources extérieures aléatoires ; que le budget spécial d’investissement (BSI) connaît un taux d’exécution (63%) largement inférieur à celui du budget national qui s’élève à 95 % ; enfin que les finances publiques maliennes sont fortement dépendantes de l’aide extérieure qu’elle soit budgétaire ou sous forme d’aide-projet. En 2004, l’aide projet représentait 227 milliards de F Cfa et l’aide budgétaire 33 milliards de F Cfa.

Concernant les difficultés de mobilisation des capitaux publics, les séminaristes ont relevé entre autres causes la multiplicité des procédures des partenaires, le nombre et la rigueur des conditionnalités, la faible capacité des administrations, la mauvaise formulation des besoins et la multiplicité des guichets s’occupant de la gestion de l’aide.

A ce titre, les participants ont recommandé l’évolution vers l’appui budgétaire, la réforme des finances publiques, la mise en oeuvre de réformes institutionnelles volontaristes et le renforcement des capacités.

Par rapport au deuxième séminaire (24 septembre 2005 qui a porté sur les capacités d’absorption et de rétention des flux privés de capitaux extérieurs, il a été soulevé comme obstacles l’absence de bons projets avec de bons partenaires locaux, la faible envergure des promoteurs locaux, le niveau élevé des taux d’intérêts et la frilosité des banques locales à accompagner les promoteurs nationaux, le problème de formation, l’existence d’un secteur informel délictuel.

Il en a été également question des transferts de fonds de la diaspora malienne.
En 2001, les transferts maliens de l’extérieur étaient de 60,16 milliards.

Ce montant a grimpé à 88,16 milliards en 2002 avant de chuter à 82 milliards cette année.
Ce sont les 2 thèmes qui ont été animés par les conférenciers.

Mody N’Diaye a révélé au cours des débats que les investissements publics réalisés au Mali sont passés de 121 milliards de F Cfa en 1994 à 216 milliards en 2000 avec une grande domination du secteur rural de 1994 à 1997, du secteur de l’eau en 1998 et du secteur des infrastructures en 1999.

Paradoxalement, l’agriculture est le secteur qui enregistre le plus faible taux de réalisation. Pour répondre à la question fondamentale, à savoir pourquoi le Mali est à un faible taux d’exécution (entre 67 et 72 %) des capitaux extérieurs, la réponse unanime est que les procédures et les conditionnalités des bailleurs de fonds sont extrêmement rigoureuses.

Ce sont eux mêmes qui conçoivent nos projets. Mais Abou-Bakar Traoré a révélé que de plus en plus les bailleurs consentent à l’exécution de fonds par des procédures internes.

Et selon le ministre de l’Economie et des Finances, le Mali est aujourd’hui beaucoup plus confronté à la maîtrise et à la qualité des dépenses publiques. Selon Bakary Konimba Traoré, il importe de se soucier moins du taux d’exécution des capitaux extérieurs que du bon usage qu’on en fait.

Ahmed Diane Séméga a, lui, surtout, insisté sur la rétention des capitaux. A ce propos, le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau dira que le Mali est très apprécié.

S.T Crépin

20 décembre 2005.