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Les Editions Tombouctou ont lancé la semaine dernière un ouvrage collectif intitulé « Le Mali entre doutes et espoirs : Réflexions sur la nation à l’épreuve de la crise du Nord », réunissant une dizaine d’auteurs et chercheurs de plusieurs nationalités, préoccupées par le sort de notre pays. La cérémonie de lancement a eu lieu à l’hôtel Salam sous la présidence du ministre délégué chargé de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, Abdourahmane Oumarou Touré, en présence de son collègue de la Fonction publique, Mamadou Namory Traoré, du coordonnateur de l’ouvrage, Doulaye Konaté et de plusieurs invités de marque.

La cérémonie de lancement de l’ouvrage intitulé « Le Mali entre doutes et espoirs : Réflexions sur la nation à l’épreuve de la crise du Nord » a été marquée par une présentation de l’ouvrage par Doulaye Konaté, coordonnateur du livre. Dans sa présentation, M. Konaté a d’abord expliqué que les textes ont été regroupés en deux parties qui sont en cohérence avec le titre de l’ouvrage.

La première partie de l’ouvrage traite de la complexité de l’organisation interne des sociétés touarègues, des rapports de force entre ses différentes composantes, des mutations en cours ainsi que de leurs relations avec les autres communautés du Nord et l’Etat central malien.
L’étude du cadre géographique éclaire les enjeux géostratégiques et économiques autour des régions concernées. La récurrence des rébellions touarègues est rappelée ainsi que les stratégies mises en œuvre par les différents protagonistes qui sont analysées à travers l’étude des différents accords de paix. La crise du Nord se lit aussi à travers la littérature malienne et le traitement que les grands médias internationaux en ont fait, a-t-il noté.

Dans la 2e partie de l’ouvrage, a poursuivi M. Konaté, s’exercent des regards croisés autour de l’expérience démocratique malienne. « Le modèle malien » est qualifiée ici « de démocratie minimale » dont les faiblesses structurelles sont mises en évidence. La décentralisation, projet phare du Mali démocratique apparait, elle aussi, comme plus « annoncée que réalisée ».
Cependant, son approfondissement peut servir à la refondation de l’Etat et contribuer aussi à l’intégration régionale. La déliquescence de l’Etat est appréhendée à travers un état des lieux de tous les secteurs de la vie publique et parait avoir été un accélérateur de la crise, explique-t-il. La faiblesse, voire l’effacement de l’Etat met ainsi en cause l’existence même de la nation.

Cette deuxième partie se termine par une réflexion prospective au sujet de la démocratie au Mali et sur les perspectives de réconciliation nationale. Une des questions pour le devenir de la démocratie malienne est celle relative à la transmission du « feu sacré » à des personnes crédibles susceptibles de l’entretenir et de recréer l’espoir.
Il faut souligner que la crise a montré une fois encore la force du sentiment national des Maliens qui explique en partie leur capacité de résilience face aux épreuves, mais elle en a révélé aussi les limites. Tout en traitant, sans tabous, de différentes questions que se posent les citoyens au sujet de la crise, les textes se font aussi porteurs d’un message d’espoir dans l’effort de renaissance dont a besoin notre pays.
A noter que lors de ce lancement, une conférence inaugurale sur le thème « Gouvernance et décentralisation au Mali : quelle perspectives après la crise » a fait l’objet d’un échange entre journalistes et Kader Dicko, Oumarou Sidibé, Amadou Kéita, Doulaye Konaté et André Bourgeot, coauteurs du livre.

Ben Dao

L’Indicateur du Renouveau du 4 Juin 2013