Partager

Au seuil de l’indépendance, notre pays tenta un essai de Fédération avec le Sénégal, qui se termina par un échec (20 août 1960). La République du Mali était alors proclamée, le 22 septembre de la même année, indivisible, démocratique, laïque et sociale: «un peuple, un but, une foi». Le président du gouvernement est investi par l’Assemblée nationale à la majorité absolue. Il est chef de l’Etat et gardien de la Constitution. Il nomme les ministres, les ambassadeurs, signe et ratifie les traités. Il est le chef des armées.

Deux (02) raisons étaient à l’origine de l’optimisme renaissant au Mali. En premier lieu, c’est la lucidité et l’honnêteté dont l’équipe dirigeante a fait preuve dans la recherche des moyens susceptibles de redresser la situation économique et financière du pays.

En 1965, les Maliens n’ont pas obtenu, à la suite de longs pourparlers avec le gouvernement français la garantie bilatérale de leur monnaie tout en restant hors de «l’Union monétaire Ouest-africaine». Il a fallu attendre une année au cours de laquelle, les ponts n’ont été jamais complètement rompus entre Paris et Bamako.
Les accords monétaires franco- maliens signés à Paris, en février 1967, ont été l’aboutissement d’efforts patients. Ils ont rouvert au Mali la porte de la zone franc, rendu le franc malien convertible. Ils ont permis désormais aux Maliens de coopérer efficacement avec tous leurs voisins.

La dévaluation de 50% du franc malien intervenue, en mai 1967, les mesures d’austérité décidées par le gouvernement ont été accueillies avec un esprit de sacrifice auquel les Maliens semblent s’être habitués depuis qu’ils tentent de s’inspirer du socialisme pour développer leur pays.

Les Mines: L’exploitation la plus importante en activité, de 1960 à 1968, était celle des carrières de sel gemme de Taoudenit (3 500 tonnes par an). Mais d’importants gisements métalliques existent au Mali. Le Plan a prévu leur exploitation au fur et à mesure des prospections positives. Le Bureau Minier du Mali a été créé en vue de promouvoir la recherche, l’exploitation et la transformation des richesses du sous-sol.
La «prospective» portait sur l’or, le platine, l’uranium, le thorium, le lithium, la bauxite, les phosphates, le cuivre, le fer, le manganèse, etc. Des carrières de marbres sont déjà exploitées. Des forages de pétrole ont été entrepris, notamment au nord-est de Gao.

Quand on connait le Mali et la limite de ses ressources on saisit très bien les raisons pour lesquelles ses dirigeants ne voulaient pas d’un système de développement qui laisserait une catégorie de citoyens organiser l’exploitation des autres.
Ensuite, les remous qui ont secoué le parti au pouvoir, l’Union-Soudanaise-RDA (US-RDA) n’ont ébranlé la stabilité du régime. L’équipe dirigeante, sous la poussée, des jeunes et des travailleurs, acquis au socialisme, a été débarrassée de certains de ses membres soit pour incapacité, corruption, soit encore pour infidélité à la doctrine du parti.

Le président Modibo Keita, qui a dissous le Bureau politique de l’US-RDA, le 22 aout 1967 et l’a remplacé par le Comité national de défense de la révolution (CNDR), a consolidé son autorité. Le Mali est demeuré l’un des pays africains qui offrent l’exemple édifiant d’un Etat qui accepte volontiers de coopérer avec toutes les nations qui respectent sa souveraineté.

Amy SANOGO

Du 02 Octobre 2017