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Depuis le 17 janvier 2011, le Mali fait face à un banditisme armé avec à la clé des exécutions sommaires des militaires et civils allant jusqu’à menacer l’unité et la cohésion sociale. Derrière la revendication fantaisiste d’indépendance pour une soi-disant «république de l’Azawad» qui n’est ni plus ni moins qu’une pure illusoire, les bandits armés, sinon des voyous n’ont, en réalité, qu’un seul objectif : déstabiliser le Mali pour des raisons inavouées. Au regard de l’exemplarité de notre démocratie, résolument engagée pour un développement harmonieux, rien ne peut justifier le comportement indigne du mouvement national pour la libération de l’azawad (MNLA). Pourquoi une fin de règne si agitée ? Les propos du ministre français des Affaires Étrangères, Alain Juppé à savoir que « les rebelles maliens ont enregistré des succès militaires » en disent long sur la complicité étroite entre la France de Sarkozy et le soi-disant « mouvement national pour la libération de l’azawad« A analyser de façon minutieuse la situation, le président français veut régler, à notre avis, ses comptes avec son homologue malien, Amadou Toumani Touré, au moins pour deux raisons.

La première a trait au refus catégorique de ATT de signer l’accord sur l’immigration entre le Mali et la France. Cet accord, faut-il le rappeler, devrait autoriser Sarkozy et ses amis à refouler les Maliens sans papiers résidant en France vers leur pays d’origine.

La deuxième raison est relative à la position du président ATT dans la gestion de la fameuse crise libyenne. En effet, après avoir raté le coche par manque de lisibilité et de visibilité dans la crise qui a secoué la Tunisie et l’Egypte, toute chose qui a altéré l’image de marque de sa diplomatie, Sarko s’est vu obligé de monter au front en s’érigeant en chef de file des ennemis de feu Mohammar Kadhafi. Pour cela, il a voulu mettre le monde entier sous la férule de sa France à lui, y compris la superpuissance du monde: les Etats-Unis d’Amérique. D’où la guerre de leadership, en son temps, qui a eu lieu entre les deux pays par rapport au commandement des forces de l’Otan.

Dans cette guerre injuste contre le pouvoir de feu le Colonel Kadhafi, Sarko ne pouvait pas imaginer un seul instant que le président malien allait refuser de marcher dans son ombre comme l’ont fait bien d’autres. Ainsi, le soutien du président ATT à feu Kadhafi a été considéré par Sarko comme un affront de plus à son égard après le refus catégorique de ce dernier de signer l’accord sur l’immigration. D’où le soutien de la France de Sarko aux bandits armés qui sèment la terreur dans le nord-Mali.

Quand la situation de trouble arrange certains activistes politiques…

Face à la situation d’insécurité qui règne dans le septentrion de notre pays suite aux attaques des voyous armés qui tuent tout sur leur passage, certains activistes politiques maliens sont entrés dans la danse. Ils préconisent, d’ores et déjà, une nouvelle transition politique après celle de la révolution de mars 1991 et cela, affirment-ils, « sans l’actuel président ATT et toute son équipe » sous le prétexte fallacieux qu’il est impossible d’organiser une élection présidentielle au regard de l’insécurité qui règne dans une partie du pays.

Ceux qui tiennent ces discours ne sont, en réalité, que des individus qui ne peuvent être invités au buffet de la victoire qu’à travers des situations exceptionnelles. Car, ils sont conscients qu’ils ne représentent pas grand chose sur la scène politique afin de prétendre à un certain niveau de responsabilité dans la gestion du pays à travers une élection. Une transition pour eux est une aubaine pour se faire ou refaire une place au soleil.

Ainsi, afin de se donner une quelconque chance d’assouvir leur intérêt personnel et sordide, ces politicards ont profité de la situation au nord pour orchestrer des marches souvent avec barricades et casses à l’appui avec la bénédiction de la France de Sarko afin de déstabiliser le pouvoir d’ATT qui a « nourri » (sic) beaucoup de ses activistes politiques.

Parmi ceux-ci, il y a certains qui n’ont pas hésité à aller prendre de l’argent sale dans un pays voisin dont les autorités ont récemment critiqué la position de Bamako dans la gestion du Sahara. Ainsi, il y a visiblement un putsch rampant contre ATT. Le président de la République du Mali, ATT ne mérite pas une fin de règne si agitée au regard de ses efforts pour le développement du Mali tout entier.

Afin de barrer la route à ces arrivistes, ATT doit se donner tous les moyens d’organiser l’élection présidentielle pour que le Mali ne tombe dans un vide institutionnel qui ne fera que retarder la marche à grand pas déjà déclenchée pour le développement harmonieux du grand Mali.

Alassane DIARRA

L’Indépendant du 15 Février 2012