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Le 25 mai est consacré journée de l’Afrique, elle est célébrée cette année sur le continent dans un contexte socio-économique particulièrement difficile pour les différents pays.

Mais, les pays producteurs du pétrole sur le continent, eux, peuvent peut être se frotter les mains à la différence de tous les autres aujourd’hui car, au plan international, la problématique de la disponibilité et du coût des sources d’énergie dont la principale est le pétrole se pose aujourd’hui avec plus d’acuité depuis des décennies.

Mais, l’exploitation des ressources naturelles n’est pas une fin en soi, elle seule ne suffit pas pour faire face aux difficultés des pays du Sud, notamment la lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté qui semble être une donnée constante dans nombre de nos pays.

Cela s’explique par l’insuffisance, au file des années, des efforts de développement du secteur agro pastoral qui est en fait, la base de nos économies envers et contre tout, le moteur du développement.

Un péché commun à plusieurs pays

Nombre de pays auront ainsi péché par là et aujourd’hui les retombées de plusieurs actions dans ce domaine sont certes perceptibles, mais insuffisantes pour combler rapidement les attentes. Et à bien analyser la situation, on se rend compte que cela fut également l’erreur de tous les pouvoirs qui se sont succédé au Mali et peut être ailleurs.

Le ministre de l’Economie du Commerce et de l’Industrie Amadou Abdoulaye Diallo, lors de la récente séance d’interpellations pas les élus de la nation, à ce sujet, a précisé que le pouvoir ATT a aménagé le plus grand espace dans la zone Office du Niger. Toute chose qui explique qu’il y a un sursaut à ce niveau et les efforts doivent être poursuivis pour donner plus de lisibilité à ces actions.

Le Nigéria a une expérience en matière de gestion de la pénurie de céréales sèches qui a permis aux autorités de rectifier le tir, tant d’importantes ressources étaient destinées à l’importation des céréales. Toute chose qui permettait peu de lisibilité des ressources tirées de l’exploitation du pétroles.

Le cas du Nigeria

Même là, la situation ne parait pas pour ceux-ci aussi réluisante qu’on puisse penser.

En effet, par le passé, il est apparu que des pays comme le Nigéria qui était parmi les grands producteurs de riz et d’arachide, en 1987, avait été confronté à des situations financières difficiles en raison du fait que les importantes ressources que ce pays tirait de l’exploitation du pétrole étaient réinvesties dans l’achat des denrées alimentaires pour faire face aux besoins des populations.

Ainsi, il fallait importer d’importantes quantités de céréales et d’arachide pour assurer la sécurité alimentaire sans laquelle tous les efforts de développement seraient vains.

En effet, dans un pays, ce qui est essentiel, c’est d’abord de la nourriture suffisante pour les populations, toutes sensibilités confondues, la disponibilité à des coûts accessibles des soins de santé, des logements décents.

Face à cette réalité, les autorités nigériannes d’alors furent contraintes de prendre la décision de relancer le développement de l’agriculture pour qu’il y ait plus de lisibilité par rapport aux ressources générées par l’exploitation du pétrole.

Un leçon pour le Mali

C’est là un exemple qui devrait servir de leçon à nos pays, même si, dans le cas du Mali, il ne ce n’est pas le pétrole qui est exploité, mais l’or. Et nous occupons une bonne place en Afrique parmi les pays producteurs d’or. Aussi, un aubaine, c’est le fait que le prix de l’or sur le marché mondial est en train de monter.

Ce qui fait des ressources additionnelles complémentaires pour le Mali à un moment où on assiste à un déséquilibre budgétaire du fait de la flambée des prix et de l’effet des subventions que le gouvernement est en train de faire.

Peut être que la tendance actuelle à la hausse des prix de l’or au niveau international représente aujourd’hui une opportunité que les autorités maliennes se doivent d’exploiter au maximum pour en tirer les avantages qui pourraient être de nature à soutenir les efforts de développement de l’agriculture au Mali.


Un sursaut de correction des lacunes et insuffisances

Pour le cas du Mali, les autorités successives ont toutes accordé une importance particulière au développement de l’agriculture, dans la mesure où la sécurité alimentaire dans notre pays a été constamment ébranlée par des facteurs à la fois endogènes et exogènes. Cela n’est pas non plus une situation que nous avons connue après l’ouverture démocratique. En effet, sous la première République, la situation n’était pas la même, mais il n’est un secret pour personne que les familles bénéficiaient de dotations au niveau des coopératives.

Toute chose qui en disait long sur les limites quantitatives des productions agricoles, mais aussi sur la nécessité d’une bonne gestion des denrées disponibles afin d’éviter l’anarchie sur le marche, la spéculation par des commerçants et opérateurs économiques importateurs de céréales. Mais, ceux qui ont vécu ces moments ne disent pas que la situation était réluisante à tous les égards.

Sous la deuxième République également tout ne fut pas toujours rose, sinon on en viendrait pas à la révolution de janvier à mars 1991 au prix d’énormes sacrifices en vies humaines mais aussi des pertes matérielles importantes.

Le résultats mitiges

Quant à la troisième République, les populations y ont fondé beaucoup d’espoir. Cependant, force est de constater qu’il n’y a pas et ne peut y avoir de regret par rapport au changement intervenu, mais les efforts sont tout de même en déçà des attentes des populations et ce depuis l’ouverture démocratique malheureusement.

Dans le domaine agricole, il importe néanmoins de souligner que le président Amadou Toumani Touré, depuis son élection en 2002, a fait du développement de l’agriculture une priorité.

Les actes qu’il a posés au file du temps confirment cette volonté, notamment la loi d’orientation agricole élaborée, puis adoptée par l’Assemblée Nationale dont la mise en oeuvre avait commencé bien avant la crise alimentaire qui sévit en ce moment. Il s’agissait donc d’une initiative prise venant à point nommé et indépendamment de la situation conjoncturelle actuelle.

L’espoir Réel

En effet, c’était pour éviter la répétition des conséquences drastiques de l’invasion acridienne et de la faible et inégale répartition des pluies, sources de pénurie de céréales ou de hausse des prix.

Ce projet qu’on peut caractériser de revolutionnaire n’est-il pas la preuve que le pouvoir actuel prend certaines mesures par anticipation? Mais, ce qui est sûr, c’est que les efforts doivent se poursuivre pour faire face aux difficultés actuelles d’où l’initiative riz qui est un projet porteur dont toutes les conditions sont déjà réunies pour la réussite, le financement ayant été déjà bouclé par les bailleurs de fonds.

Ainsi, l’espoir est permis pour un lendemain meilleur, surtout avec l’opportunité d’exploitation du pétrole au Mali, la détection d’indices d’uranium et la détermination actuelle de faire de l’agriculture au Mali, le moteur du développement. En effet, selon les projections, avec l’initiative riz, il est attendu une production de
1 600 000 tonnes de riz et plus de dix millions de tonnes à l’horizon 2012.

Ce programme aussi ambitieux mérite d’être soutenu par ceux qui aspirent véritablement au bien-être des populations maliennes, toutes sensibilités confondues. Ainsi, au stade actuel des difficultés, il n’y a pas lieu de tergiverser, mais de faire face au combat qui vaille pour le développement de ce qui constitue la base de notre économie, donc de notre développement.

Moussa SOW

26 Mai 2008