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Aujourd’hui la question qui taraude l’esprit des Maliens est quand le pays va sortir de la crise institutionnelle, pour faire face au problème du nord. La stabilité politique et institutionnelle est un gage sûr pour le recouvrement de notre intégrité territoriale. Celle-ci passe par le dépassement de soi et l’accompagnement de toutes les institutions déjà existantes. Afin de redonner de l’espoir aux populations des zones occupées.

Depuis le début de la crise, il y a plus de quatre mois, le peuple malien dans sa globalité est plongé dans une anxiété sans précédent sur le devenir de cette belle nation.

Cette nation qui était citée en exemple pour son hospitalité et son sens élevé du dialogue est malheureusement confrontée à une équation à quatre inconnus.

Sur une crise sécuritaire engendrée par une rébellion armée au nord est venue se greffer une crise politico-institutionnelle au sud avec leur corolaire de crise humanitaire. Malgré les mécanismes de règlement des conflits que nous on légués nos aînés, le peuple malien assiste impuissant à l’enlisement de la crise. Au moment où les pseudos politiciens se battent pour des postes ministériels au sud nos compatriotes souffrent dans leur âme et dans leur chair au nord sous occupation des bandits sans loi ni foi.

Pour le malien ordinaire la priorité des priorités reste la libération des zones contrôlées par des forces non étatiques car, le temps presse.

Sur une période de transition de douze mois, quatre se sont déjà écoulés sans qu’on ne puisse voir le bout du long tunnel. Aujourd’hui quel que soit le bilan du premier ministre, Cheick Modibo Diarra, une chose est sûre dans l’esprit de beaucoup de nos compatriotes CMD est la clé de la stabilité et de l’apaisement.

Les observateurs avisés ont remarqué que les forces qui occupent le plus le terrain politique sont issues de la COPAM (proche de la junte), et non du FDR (le front anti-putsch).

Cette suprématie des forces proches de la junte s’est manifestée par l’agression du président de la transition sans que le FDR n’administre la riposte populaire que pouvait laisser présager sa majorité à l’assemblée nationale.

La question qu’on se pose est de savoir si on démet le Premier ministre, CMD celui qui le remplacera sera-t-il accepté par la COPAM, la réponse est bien sûr non. Chose qui va raviver la tension au sein de la population.

La classe politique est exhortée à épargner au peuple malien cette nouvelle épreuve. Il souffre trop déjà de l’agression contre son intégrité territoriale avec ses conséquences. Le départ de Cheick Modibo Diarra ne fera qu’aggraver la crise et affaiblir le tissu social qui a déjà pris beaucoup de coups.

Ce départ peut aboutir un à affrontement entre les forces sociales maliennes. Un scénario dans le quel le peuple malien meurtri sortira perdant. Pendant ce temps nos compatriotes du septentrion sont soumis aux lois des fanatiques djihadistes de tous bords.

Boubacar PAITHAO

L’Indépendant du 03 Août 2012