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Malgré une élimination précoce au tournoi de l’intégration, les protégés de Cheick Oumar Koné n’ont pas déçu en tant que relèves de leurs aînés. Malgré des défaillances, ces jeunes joueurs ont éclaboussé la compétition de leur culture tactique et surtout par leur maîtrise technique individuelle.

« Nous sommes tombés devant un arbitrage-maison et je pense que c’est l’arbitre qui a fait gagner la Côte d’Ivoire ». Telle est la conclusion de Cheick Oumar Koné, l’entraîneur des Espoirs du Mali, après l’élimination de ses protégés en Coupe de l’intégration, une compétition initiée par l’Uémoa. Une première édition que Ouagadougou abritée du 28 octobre au 4 novembre 2007 et qui a été remportée par la Côte d’Ivoire. Les Eléphants ont battu le Mena du Niger par 2-0.

Au-delà de l’amertume d’une élimination, il y a une part de vérité dans ce que dit le technicien malien. En effet, l’arbitre a été très sévère en sifflant deux penalties coup sur coup contre le Mali. Il aurait pu fermer les yeux sur le second et personne n’aurait crié au scandale parce que la faute du portier Almamy Sogoba n’était pas aussi évidente que celle qui a occasionné le premier penalty.

Mais, l’arbitre a fait fi de l’aspect psychologique de sa responsabilité. Difficile pour de jeunes joueurs de se relever de ce coup, surtout évoluant à dix contre onze suite à l’expulsion de Soumbeyla Diakité pour un vilain geste qu’on n’aimerait jamais voir sur un terrain de football et dans lequel le garçon semble malheureusement se spécialiser. En effet, cette violente et barbare agression n’a pas surpris ceux qui observent le portier dans ses prestations en championnat national.

« Le bilan du Mali reste positif », se satisfait Cheick Oumar Koné. Positif dans ce sens que cette compétition nous a permis de jauger le niveau de notre championnat national par rapport aux autres pays de l’Uémoa. Et de façon générale, nous n’avons pas à rougir du niveau de nos joueurs locaux qui, sans l’incident contre les Eléphants, auraient pu nous offrir ce premier trophée de l’intégration ouest-africaine.

Cette compétition a certainement aussi permis à Jean-François Jodar de comprendre qu’il n’a pas forcément besoin d’une légion étrangère pour consolider son effectif en vue de la Can « Ghana-2008 ». Le groupe de Ouagadougou a brillé par sa technicité et son enthousiasme, mais aussi par ses limites à faire face à une équation inattendue comme l’expulsion d’un de ses éléments clefs. Lors de leurs deux premières sorties, les Aigles-Espoirs ne se sont heurtés à presque aucun obstacle. Des rencontres qu’ils ont disputées et remportées en roue libre.

Le premier vrai test était la rencontre contre la Côte d’Ivoire. Et pendant la première mi-temps, ils ont réussi à déjouer la stratégie tactique ivoirienne consistant à les pousser dans leur dernier retranchement. Mais, l’expulsion de Soumbeyla Diakité en début de seconde partie a totalement déstabilisé les protégés de Cheick Oumar Koné. Les deux penalties les ont psychologiquement achevés. Le manque de mental dans les moments difficiles est commun aux sportifs maliens. Ce qui ne surprend guère car la préparation psychologique est, dans la plupart des cas, considérée comme un luxe.

Mais, dans l’ensemble, nos joueurs ont démontré de bonnes dispositions tactiques. Ils ont surtout étalé leur classe individuelle. A l’image des Seydoublen et Djilla de la fin des années 1990, le Mali peut beaucoup miser sur la génération des Amadou Sidibé, Oumar Séga Mady Kanté, Boucader Diallo, Amadou Diallo, Bakary Coulibaly, Oumar Sidibé…

Le défi pour l’encadrement technique des Aigles, c’est de voir comment injecter ces jeunes dans le groupe des seniors pour leur permettre de s’aguerrir dans les hautes compétitions. C’est ce qui permettra au pays de judicieusement profiter de cette réserve de valeur dont il dispose.

Les jeunes, malgré les insuffisances qu’ils ont souvent étalées, ont montré ce qu’ils savent faire. Aux techniciens maintenant de les recadrer, de les aider à progresser en leur accordant les opportunités dont ils ont besoin aujourd’hui pour briller de mille feux.

Moussa Bolly

Récompenses collectives :

1ère place : Côte d’Ivoire, 5 millions de F CFA, 25 médailles d’or et le trophée de l’intégration ouest africaine. Il est offert par l’Uémoa qui en est propriétaire.

2e place :
Niger, 3 millions F CFA, 25 médailles d’argent.

Equipe fair-play : Guinée-Bissau, un trophée et 2 millions F CFA offerts par le président en exercice de la conférence des chefs d’Etats et de gouvernement de l’Uémoa, Blaise Compaoré.

Récompenses individuelles :

Meilleur buteur :
Baroo Babou de la Côte d’Ivoire (4 buts). Il gagne un trophée et 1 millions de F CFA offerts par Ecobank-Burkina.

Meilleure attaque : Côte d’Ivoire avec 10 buts marqués pour 0 encaissé.


Plus mauvaise défense :
Guinée-Bissau avec 10 buts encaissés

06 novembre 2007.