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«Il n’est pas possible qu’un tel héritage n’ait pas laissé dans le sol et surtout dans le sang des hommes, les germes du renouveau ». Tels sont les propos d’un ami du Mali, le père de Benoist opportunément repris par notre confrère les Echos. Ainsi donc, pour le religieux, notre pays a, en lui, une baraka qui lui permet de reprendre la hauteur chaque fois qu’elle frôle le crash. Nous verrons, dans les semaines qui suivent, si cette baraka tient encore.

entre les époques autarciques des Soundiata Kéita et Biton Coulibaly, entre autres pris comme exemple par le penseur et le Mali de 2012, il y a bien la loi du système-monde auquel le Mali est tenu par ses engagements internationaux et par la lourde perfusion de l’aide.

De plus, notre pays, au-delà de ses propres penchants suicidaires, s’est positionné comme l’une des plus grandes menaces de l’heure contre la sécurité globale. En clair, le Mali est devenu un enjeu et il sera traité comme tel par nos partenaires pour lesquels il ne s’agit pas d’adouber certains et de récuser d’autres mais d’agir dans le cadre du contrat interne à la communauté des démocraties. Nous sommes encore loin de mériter notre place dans cet ensemble et la preuve la plus récente réside dans l’échange de bons procédés entre Sarko et Hollande dès que la campagne était terminée et que les urnes avaient donné leur verdict.

Mais chacun d’entre nous peut faire un petit quelque chose pour le Mali. Chacun d’entre nous, en ces moments où tous nous avons réalisé la fragilité de l’édifice que nous avons ensemble construit -l’armée qui avait joué le jeu jusque là comme les civils qui n’ont pas toujours pensé au retour de bâton-. Ce pays auquel nous devons tout a déjà trop payé. De son sang, de ses larmes, de ses peurs et de ses libertés. Et tout ce que nous concédons pour le pays n’est pas un recul mais une grandeur. Yes we can, Capitaine Sanogo !

Adam Thiam

Le Républicain du 8 mai 2012