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Bamako (AFP) – Les Maliens ont voté dimanche dans le calme au second tour de la présidentielle, mais moins nombreux qu’au premier tour du 28 juillet, pour élire un nouveau chef de l’Etat qui devra sortir leur pays de dix-huit mois de chaos.

jpg_une-2001.jpgLe vote, qui opposait deux vétérans de la vie politique malienne, Ibrahim Boubacar Keïta dit IBK, 68 ans, donné favori, et Soumaïla Cissé surnommé « Soumi », 63 ans, a été perturbé une partie de la journée par de fortes pluies dans le sud du pays, en particulier dans la capitale, Bamako.

L’affluence dans les bureaux a été moins importante qu’au premier tour, qui s’était également déroulé dans le calme, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Certains chefs de bureaux de vote à Bamako ont affirmé que la participation n’atteignait pas la moitié de celle atteinte au premier tour, lors duquel le taux d’affluence avait été exceptionnel pour le Mali avec 48,98%.

Les fortes pluies du matin ne sont pas la seule explication, selon certains électeurs.

« Ce n’est pas à cause de la pluie seulement », a déclaré l’un d’eux, Ibrahim Tounkara, restaurateur. Selon lui, « les Maliens ont compris que le jeu est déjà fait et qu’IBK va gagner, que ce n’est plus la peine de sortir sous la pluie pour voter, mais ça peut être préjudiciable à la qualité de l’élection ».

« Il faut que la pluie nous laisse accomplir notre devoir civique, c’est l’avenir du Mali qui est en jeu », déclarait dans la matinée une étudiante, Mariam Kanté dans un bureau de vote du centre de Bamako.jpg_une-2002.jpg

Les deux candidats ont appelé au « calme et à la sérénité » après avoir voté dans la capitale.

Selon des témoins interrogés par l’AFP depuis Bamako, dans les grandes villes et régions administratives du nord du pays – Gao, Tombouctou et Kidal -, le vote s’est également déroulé sans incidents, en dépit de la crainte d’attentats de groupes jihadistes qui ont occupé et terrorisé ces régions pendant neuf mois en 2012.

« Il y a un engouement pour ce second tour » à Gao, a déclaré Ousmane Maïga, membre d’un collectif de jeunes de la ville.

A Tessalit, ville de la région de Kidal (extrême nord-est), berceau des Touareg et de leur rébellion où la participation avait été très faible au premier tour, la pluie a provoqué de fortes inondations il y a deux jours et les opérations de vote ont commencé « timidement », selon une source administrative dans la zone.

Un réseau de quelque 2.000 observateurs maliens indépendants s’est réjoui dans un communiqué du bon déroulement du scrutin, notant cependant que moins de bureaux avaient pu ouvrir à temps en raison des fortes pluies dans les régions de Bamako, Koulikoro et Kayes (sud).

jpg_une-2000.jpgRetour à l’ordre constitutionnel

Le second tour de la présidentielle de dimanche doit rétablir l’ordre constitutionnel interrompu par un coup d’Etat militaire le 22 mars 2012, qui a précipité la chute du nord du pays aux mains de groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda.

Le scrutin a été surveillé par plusieurs centaines d’observateurs nationaux et internationaux et sa sécurité assurée par l’armée malienne, les Casques bleus de la Minusma et l’armée française.

Ibrahim Boubacar Keïta, fort de son avance de 20 points (39,79% des voix au premier tour, contre 19,70% pour Cissé), semble largement favori, d’autant qu’il a reçu le soutien de 22 des 25 candidats éliminés au premier tour dont la majorité a obtenu moins de 1% des suffrages.

Mais Soumaïla Cissé tablait sur une mobilisation plus forte qu’au premier tour et sur un bon nombre de près de 400.000 bulletins déclarés nuls le 28 juillet.

La tâche du vainqueur sera rude, car le Mali vient de vivre la plus grave crise de son histoire récente qui a laissé exsangue ce pays de quelque 14 millions d’habitants.jpg_une-2003.jpg

Cette sombre période avait commencé en janvier 2012 avec une offensive de rebelles touareg dans le nord du pays, et suivie du putsch de mars 2012 puis de l’occupation du Nord par des groupes criminels et des jihadistes qui ont humilié l’armée et commis de nombreuses exactions avant d’en être chassés en 2013 par une intervention militaire internationale initiée par la France, toujours en cours.

Le conflit a poussé 500.000 personnes à fuir leurs domiciles, il a accentué la pauvreté et ravivé les haines entre les différentes communautés du pays, Touareg et Arabes d’un côté assimilés aux rebelles et aux jihadistes, Noirs majoritaires de l’autre.

Le nouveau président devra redresser l’économie du pays et entamer le processus de réconciliation, en particulier avec la minorité Touareg.

Les quelques centaines de milliers de Touareg du Mali vivent essentiellement dans le Nord désertique, qui a déjà connu plusieurs rébellions depuis l’indépendance du Mali en 1960: une partie d’entre eux rêve d’indépendance ou au moins d’autonomie.

© AFP – Le 12/08/13 – 08:22

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Scrutin du 11 août en commune IV : la pluie porte un coup à l’affluence des électeurs

Dans les centres de vote de cette circonscription électorale du district de Bamako où nous nous sommes rendus, bien des coordinateurs conviennent que la mobilisation est bien en deçà de celle que nous avons connue il y a deux semaines. Pour beaucoup d’entre eux, le principal facteur qui explique cet état de fait reste vraisemblablement la pluie matinale qui a arrosé la Commune ce dimanche.

A part cela, aucune difficulté majeure n’a été relevée ni au groupe scolaire A, B et C de Sébénikoro, encore moins dans les deux centres de Sébénikoro second cycle ou ceux de l’école fondamentale de Kalabambougou, du lycée Mamadou Sarr ou du groupe scolaire Hamdallaye marché. En tout cas, jusqu’à notre départ des lieux, aux environs de 13 heures, le processus se déroulait normalement, les bureaux ayant ouvert à 8h conformément aux dispositions légales. A cette heure, nous a-t-on indiqué partout où nous sommes passés, les agents électoraux étaient bien en place avec à leur disposition le matériel nécessaire. Mieux, tout se passe sous l’œil des observateurs aussi bien nationaux qu’internationaux.

Au centre n°1 de Sébénikoro second cycle, les bureaux sont presqu’au chômage lorsque nous y arrivions. Quelques minutes sont passées après midi, mais la file indienne à laquelle nous avons assisté dans le même centre lors du premier tour a curieusement laissé place à un vide désolant. Mais, ce que nous considérons comme une faible affluence comparativement au scrutin du 28 juillet, ne semble guère inquiéter Papa Oumar Sangaré, président du bureau de vote n°9. D’ailleurs, il estime que l’affluence est la même que celle du premier tour, expliquant que les électeurs ont dû prendre du retard en raison de la pluie. «Dans mon bureau, nous sommes à environ 200 votants sur 493 inscrits. C’est pratiquement la même marge à la même heure quand on compare au premier tour», nous a-t-il fait savoir à l’absence du coordinateur dudit centre. Dans le centre n°2 qui y est contigüe, le coordinateur principal, Soumaïla H. Maïga, trouve que ce déficit de mobilisation tient à la religion. «Pendant le mois de carême, les gens sont directement venus après la mosquée, mais avec la fin de ce mois ils ne semblent pas pressés», a-t-il justifié.

Et Adama Doumbia de corroborer en expliquant que le rang est resté serré devant son bureau jusqu’à 14 heures lors du premier tour. Pour lui, la pluie y est pour quelque chose dans le manque d’engouement qui s’est fait sentir ce 11 août. Ce fut le même son de cloche au centre du groupe scolaire A, B et C de Sébénikoro où le candidat Ibrahim Boubacar Keita a voté aux environs de 11 heures. «Avant la pluie, il y avait de l’affluence», explique le suppléant du coordinateur dudit centre de vote, Samzié Dembélé, estimant par ailleurs qu’il y a lieu de tenir compte du fait que beaucoup n’ont pas eu cette fois-ci de difficulté dans la recherche de leur bureau de vote. Toute chose qui, de son avis, donne une apparence de non engouement.
A l’école Hamdallaye marché, l’engouement était moyen, contrairement à l’école scolaire d’éducation environnementale de Hamdallaye (Pfie), le lycée Mamadou Sarr et le groupe scolaire Aminata Diop, où les électeurs n’ont pas au rendez-vous. Au bureau n°05 à l’école de Hamdallaye, le président, Bouraïma Wolomo impute cette situation à la pluie. Selon lui, le bureau à ouvert à l’heure et dans les conditions idoines. Même son de cloche avec Moussa Keïta. Il dirige le bureau n° 23 toujours à l’école de Hamdallaye marché.

A l’école Aminata Diop où le DGE s’est rendu pour s’imprégner des conditions de déroulement du scrutin, les électeurs se sont manifesté au compte goutte.

Destin GNIMADI et

Bakary SOGODOGO

Le Prétoire du 12 Août 2013