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« Ils viennent, frappent et repartent », raconte Madou, un rescapé des récentes attaques meurtrières dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Les auteurs des violences restent sans visage, mais les habitants désignent des hommes armés venus du Liberia voisin. Le pouvoir accuse des miliciens ivoiriens et mercenaires libériens basés de l’autre côté de la frontière et fidèles à l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Saho, petit village perdu au milieu d’une forêt luxuriante, fut l’une des localités meurtries par une incursion sanglante le 8 juin, qui a fait 18 morts, dont sept Casques bleus nigériens. « J’accuse les mercenaires libériens d’être les auteurs » des violences, dit le commandant Losséni Fofana, chef des Forces républicaines (FRCI, armée ivoirienne) dans la région. « Nous avons arrêté des combattants sur le terrain, qui constituent des preuves palpables », assure-t-il. Maire-adjoint de la ville de Taï, qui accueille environ 5.000 des quelque 12.000 déplacés ayant fui les attaques, Téré Tehe confirme. « Les mercenaires ont juré +no Gbagbo, no Côte d’Ivoire!+ Ils sont dans cette logique de déstabilisation du pays », avance-t-il. « Les mercenaires libériens disent qu’ils ne sont pas prêts à composer avec le pouvoir en place » du président Alassane Ouattara, s’inquiète-t-il. AFP