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Quand Aminata Dramane s’en prend ouvertement au discours de Dakar de Nicolas Sarkozy

L’Afrique humiliée, le G8 et la crise zimbabwéenne en guise d’illustration ». Tel était le thème de la conférence-débat animée, le samedi 12 juillet, par Aminata Dramane Traoré, auteur du fameux livre intitulé « L’Afrique humiliée« .

Cette conférence, qui s’est déroulée dans la salle de réunion de la FLASH sur la colline de Badalabougou. Elle avait comme modérateur l’éminent Professeur de philosophie, Issa N’Diaye. L’ancien ministre de l’Education, Younouss Hamèye Dicko était également présent.

En organisant cette conférence, Aminata Dramane Traoré veut créer une atmosphère intellectuelle au niveau de la FLASH. C’est pourquoi, la salle avait été prise d’assaut par des étudiants, venus en grand nombre pour écouter et apprécier l’ancienne ministre de la Culture et du Tourisme au Mali sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré.

Dans ce livre publié en janvier 2008 par les éditions Fayard, l’auteur dénonce « la responsabilité particulière de la France et de la mondialisation libérale dans les crises africaines« . Elle s’en prend ouvertement au désormais célèbre « discours de Dakar prononcé par le Président français, Nicolas Sarkozy, mais aussi à son ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux. Apparemment, l’intellectuelle africaine engagée n’a guère apprécié le chapitre malien de « voyage aux pays du coton « .

« Le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, qui fut insultant, quels qu’aient été les propos flatteurs dans lesquels il l’a enrobé, n’est pas que l’expression de son mépris pour l’Afrique noire. Il est aussi une manière de nous désarmer face à l’assaut qu’il envisage dans le cadre de la conquête de parts de marché pour les investisseurs français, venus nombreux au Maroc avec lui en octobre 2007 » a déclaré l’auteure.

« Nous, peuples d’Afrique, autrefois colonisés et à présent recolonisés à la faveur du capitalisme mondialisé, ne cessons de nous demander : que sommes-nous devenus ? Les pays riches ont peur de notre présence quand elle n’est pas susceptible d’ajouter à leur avoir, peur de nos différences quand elles sont trop visibles.

Inutiles, les nouveaux naufragés entassés sur des embarcations de fortune, supposées les conduire vers la terre ferme de l’Europe. Invisibles, les désespérés qui traversent l’enfer du désert.

Indésirables, ceux qui, menottes aux poignets, sont reconduits dans leur pays d’origine. Mais l’humiliation du continent africain ne réside pas uniquement dans la violence à laquelle l’Occident nous a habitués. Elle réside également dans notre refus de comprendre ce qui nous arrive« .

Voilà, à peu près, le résumé du dernier livre réquisitoire d’Aminata Dramane qui met à nu les rapports entre la France et ses ex-colonies en Afrique à la lumière de la mondialisation et de la globalisation.

Ce livre fait suite à d’autres ouvrages de l’auteur comme « Lettre au président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général« , « Le viol de l’imaginaire« , « L’Etau : l’Afrique dans un monde sans frontière » etc.

En tout cas, Aminata Dramane est connue aujourd’hui comme étant une figure de proue de l’alter-mondialisme africain. Elle se bat sur tous les fronts : OGM, coton, privatisation, préservation du patrimoine culturel, actions de proximité …


Alou B HAIDARA

18 Juillet 2008