Partager

L’expulsion par le Kenya d’un représentant de Riek Machar vers le Soudan du Sud suscite l’inquiétude de l’opposition sud-soudanaise à un moment où plusieurs pays de la région semblent prendre leurs distances avec le chef rebelle et ancien vice-président exilé. James Gatdet Dak, un porte-parole de M. Machar, a été arrêté mercredi à son domicile de Nairobi et conduit à l’aéroport d’où il a été expulsé jeudi vers Juba et immédiatement placé en détention par les autorités sud-soudanaises, a assuré un porte-parole des rebelles sud-soudanais, Nyarji Roman. Riek Machar « a immédiatement contacté les autorités kényanes », a déclaré M. Roman dans un communiqué. « Au cours d’une conversation téléphonique avec le vice-président William Ruto, il a plaidé pour que James Gatdet Dak ne soit pas expulsé vers Juba en raison de profondes inquiétudes pour sa vie ». L’expulsion de James Gatdet Dak a été confirmée à l’AFP par un officiel kényan, sous couvert d’anonymat, mais aucune explication n’a été donnée sur les raisons de cette expulsion. A Juba, le porte-parole du président Salva Kiir, Ateny Wek Ateny, a confirmé à l’AFP la présence de M. Gatdet au Soudan du Sud, sans fournir plus de détails. « En agissant de concert avec le Soudan du Sud et en déportant James Gatdet Dak, le Kenya l’a exposé à des risques graves de persécution », a lui réagi Gerry Simpson, chargé de la question des réfugiés à l’ONG Human Rights Watch (HRW). Juste avant son arrestation, James Gatdet Dak s’était félicité du « changement de commandement de la force onusienne de la Minuss au Soudan du Sud », en référence au limogeage mardi par l’ONU du général kényan en charge des Casques bleus dans le pays.Le général Johnson Ondieki a été limogé pour sanctionner l’inaction des Casques bleus. .AFP