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karite1.jpgUne rencontre sur le karité vient d’avoir lieu sous la présidence de la ministre de la femme, de l’enfant et de la famille Mme Diallo M’Bodji Sène.

Etaient également présents à cette rencontre, Philippe Jean directeur régional Afrique du Centre canadien d’étude et de coopération internationale (CECI), Al Assane Sanogo représentant national du CECI-Mali, femmes rurales venues de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et de Bamako.

Secteur occupant 80 % de la population, l’agriculture joue son rôle moteur dans le développement de notre pays. C’est pourquoi les pouvoirs publics ont initié la Loi d’orientation agricole et l’initiative du Projet de valorisation de la ressource karité entre dans ce cadre.

En effet, le karité possède de nombreuses vertus médicales. Annuellement, la demande internationale du karité est évaluée à 150.000 tonnes d’amandes et 30.000 tonnes de beurre.

Cette demande augmente grâce, à une directive de l’Union européenne autorisant l’incorporation de matières grasses végétales (MVG) autres que le cacao dans le chocolat. Quant à la demande nationale, elle est également en croissance mais reste menacée par la concurrence des huiles importées.

Selon les chiffres de la Fao, la production nationale annuelle de karité au Mali est de 85.000 tonnes, faisant de notre pays, le deuxième producteur africain après le Nigeria qui lui produit 400.000 tonnes.

Aujourd’hui, au Mali, on recense environ quatre millions de personnes, dont plus de trois millions de femmes, dans la filière karité dans notre pays.

Le karité, représente une manne économique pour les femmes rurales. En effet, plus de 80 % des revenus des femmes rurales proviennent des activités liées à la transformation des noix de karité.

Une étude initiée par le Centre canadien d’étude et de coopération internationale (CECI), en partenariat avec les Agences de coopération volontaire canadiennes et maliennes, s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme initié par le CECI au Burkina Faso, au Ghana, en Guinée, au Niger et au Mali.

Elle a couvert trois axes majeurs : « communication sur les opportunités, conditions et enjeux de l’exportation des produits à base de karité » ; « la problématique de l’emballage » et « l’image de marque du karité ».
Le projet d’une durée de 15 mois, comprend deux volets essentiels : l’un au Canada visant l’engagement du public et l’autre sur le terrain couvrant les cinq pays précités.

Ainsi, il ressort de l’étude que le marché international du karité est en réalité de petite taille et que son degré d’organisation est faible. En fait, il s’agit en fait de petites entités niches dont les exigences de qualité sont variables.

En matière de qualité, il n’y a pas véritablement une norme standard mais des normes définies en fonction de l’utilisation du produit.

Au Mali, l’exportation de beaucoup de produits de cueillette en général et du karité en particulier, échappent malheureusement à la levée des intentions. Cette situation constitue un handicap majeur au développement de la filière dans notre pays.

Le directeur régional Afrique du CECI, Philippe Jean reconnaît que la filière karité est une chance pour les pays du Sahel.

Cependant, estime-t-il, les pays ne sauraient en tirer profit sans une véritable volonté de promouvoir le secteur.

Cela implique une synergie entre producteurs et acheteurs d’une part et entre ceux-ci et les pouvoirs publics d’autre part. Les producteurs doivent convaincre leurs clients en leur proposant un produit de meilleure qualité. Cela nécessite d’établir une traçabilité des produits, gage d’une garantie de qualité, a suggéré Mr Jean.

Quant à la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diallo M’Bodji Sène, assurance a été donnée par cette dernière de la disponibilité de son département à accompagner toute initiative visant à promouvoir la filière karité dans notre pays.

Une visite des stands où sont exposés les produits à base de karité de différentes associations villageoises a mis fin à la cérémonie.

22 mars 2007.