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Le Mouvement populaire du 22-Mars (MP-22), à travers le secrétaire administratif de Sadi, dit ne pas reconnaître le nouveau gouvernement et menace de boycotter la concertation nationale qui, à ses dires, est un marché de dupes.

Le gouvernement d’union nationale a finalement vu le jour lundi soir. Composé de 31 membres, il est l’émanation de toutes les sensibilités du pays : classe politique, société civile, religieux. Partisan du coup d’Etat du 22 mars, le Mouvement populaire du 22-Mars (MP-22) s’est mis à la touche pour des questions de principe. Quelques heures après la composition de la nouvelle équipe, le parti Sadi réaffirme son boycott du gouvernement.

Pour Nouhoun Kéita, secrétaire administratif de Sadi, « le gouvernement d’union nationale devait être le couronnement d’un processus politique dont l’objectif fondamental était de mettre tous les acteurs politiques et sociaux du Mali ensemble dans le cadre d’une convention ou une conférence nationale souveraine afin de traduire concrètement l’accord-cadre CNRDRE-Cédéao du 6 avril 2012, la déclaration solennelle du CNRDRE du 1er avril 2012 et la déclaration solennelle des Forces vives à Ouaga les 14 et 15 avril 2012. Une convention nationale aurait pu donner une vraie feuille de route à ce gouvernement ».

Il ajoute que la convention nationale souveraine aurait discuté de toutes les questions non réglées par la conférence des Forces vives à Ouagadougou. « C’est lorsque nous aurions réglé toutes ces questions que nous verrions comment former un gouvernement ».

« Ni le Pr. Dioncounda Traoré, ni le Premier ministre Cheick Modibo Diarra n’a respecté cet engagement. Ils se sont précipités pour mettre en place un gouvernement dit d’union nationale en promettant d’organiser dans un délai de trois semaines une convention nationale. Sous prétexte que nous sommes pressés par la Cédéao et les partenaires financiers qui attendent qu’on mette en place le plus rapidement un gouvernement d’union nationale ».

Désobéissance civile

Le MP-22 dit donc s’en tenir à sa position. « Nous avons le sentiment que nous avons encore gâché une occasion de se parler entre nous acteurs politiques et sociaux pour prendre un nouveau départ et construire un nouvel avenir démocratique pour le pays. Ce qui vient d’être fait ressemble à un coup d’Etat institutionnel. Un gouvernement pléthorique qui ressemble à un partage de gâteau où chacun s’en sort avec des maroquins et des strapontins. Le peuple est oublié, ses profondes aspirations au changement foulées au pied », tempête M. Kéita.

Et de déclarer que c’est dans le flou et l’informel que l’équipe de CMD va opérer. Puisque leur exigence n’a pas été prise en compte, le MP-22 poursuit-il n’est pas dans la logique de soutenir le nouveau gouvernement et du coup ne le reconnaît pas. « Tout gouvernement qui n’est pas issu d’une concertation nationale souveraine n’est pas le gouvernement du MP-22. Et aucun compromis politique n’est possible sans la prise en compte de la volonté populaire ! » révèle-t-il.

Si le MP-22 a brillé par son absence dans le gouvernement d’union nationale de Cheick Modibo Diarra, le regroupement dont il est un membre, la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam) a, elle, envoyé ses représentants. Un paradoxe pour les observateurs de la scène politique. Nouhoun Kéita se réserve de faire des commentaires sur l’acte posé par la Copam.

Il note cependant que le MP-22 fera savoir sa position sur la présence de la Copam dans le gouvernement à l’issue d’une réunion extraordinaire qu’il tenait hier.

Amadou Sidibé

Les Echos du 22 août 2012