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Le spectre d’une grave pénurie plane à nouveau sur le Mali

Après la grève du 10 mars dernier observée par le Groupement des transporteurs routiers du Mali qui avait soumis aux autorités des doléances relatives à la suspension des pèses à essieux, la suppression de la redevance (taxe routière) et la limitation des postes de contrôle, un protocole d’accord était intervenu entre les deux parties. Et au terme duquel une période de durée d’un mois avait été accordée aux routiers. Période au cours de laquelle les gros porteurs étaient exempts de tout contrôle sur les points cités plus haut et ce jusqu’au 30 avril 2010 avant une reprise des discussions. Après la fin de cette période de grâce sans qu’un quelconque compromis ait pu être trouvé, aux dires des routiers, une note de l’Autorité routière adressée aux transporteurs pour une reprise des contrôles a contraint ceux-ci à un arrêt total de travail. Une situation qui fait planer de nouveau le risque d’une pénurie lourde de conséquences pour un pays continental comme le nôtre.

Cette correspondance de l’Autorité routière, signée de son Directeur général, Mory Kanté et en date du 26 avril stipule « qu’en application du protocole d’accord du 24 mars 2010 intervenu entre les présidents de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, du Conseil malien des chargeurs et du Conseil malien des transporteurs routiers du Mali, et après la réunion d’évaluation de sa mise en œuvre tenue, le vendredi 23 avril 2010, à la direction nationale des transports terrestres, maritimes et fluviaux, la facturation par l’Autorité routière des pénalités de surcharge en vue de leur prise en charge par le Conseil malien des transporteurs routiers est arrêtée, à compter du lundi 26 avril 2010 à 00 heures, les transporteurs ou leurs chauffeurs s’acquitteront des pénalités de surcharge sur le site de pesage, faute de quoi, la carte grise du véhicule sera saisie contre remise d’une fiche d’immobilisation « .

Il est également rappelé que, dans le cadre de l’opérationnalisation de la feuille de route issue de la réunion de concertation des ministres chargés des infrastructures et des transports routiers des Etats membres de l’UEMOA et du Ghana, la surcharge sera évaluée en fonction du poids total autorisé (PTCA).

Vive réaction du Groupement des transporteurs routiers du Mali qui dit ne pas se reconnaitre dans les toutes dernières décisions arrêtées par l’Autorité routière. Il dit s’en tenir au protocole d’accord du 24 mars 2010 stipulant que pour les corridors (Bamako-Tema, Bamako-Lomé, Bamako-Cotonou, Bamako-Conakry et Bamako-Nouakchott), les pénalités de 3 500 FCFA à la charge du chargeur seront ajoutées aux tarifs de transport retenus d’accord partie.

Le transporteur a obligation de payer toutes les charges liées au pesage et au péage. A la convenance des deux parties les pénalités peuvent être payées au départ ou à l’arrivée par le chargeur.

Le Groupement des transporteurs routiers du Mali estime ne pas comprendre qu’un tel accord signé par toutes les parties à savoir le Conseil malien des transporteurs routiers, le Conseil malien des chargeurs, la Direction nationale des transports et la Chambre de commerce et d’industrie du Mali puisse ainsi sauter.

Vu le non-respect par le département de ce protocole d’accord, le Groupement des transporteurs routiers demande l’application de la tolérance sur les poids totaux à charge (PTAC), la mise en application du protocole d’accord du 24 mars 2010 entre les différentes parties prenantes, la limitation des postes de contrôle comme l’exige l’UEMOA et la suppression de la redevance taxe routière.

Si cet arrêt de travail observé par les routiers devait continuer assez longtemps, une grave pénurie s’installer. Cela risque de coûter très cher le Mali un pays de l’hinterland. La plupart de nos produits de première nécessité, à savoir l’huile, le sucre, le ciment où le pétrole ainsi que d denrées périssables pour ne citer que cela, nous proviennent de l’extérieur.

L’acheminement de ces produits est assuré par les gros porteurs depuis les ports de Dakar, Lomé, Abidjan etc. Si un accord n’est pas vite trouvé, le pays est en face d’un scenario catastrophe.

Nous vous livrerons demain la version de l’Autorité routière et les autres structures impliquées dans ce processus.

Abdoulaye DIARRA

L’Indépendant du 04 Mai 2010.