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Parole du Gouverneur Ibrahima Féfé Koné


Depuis un certain temps, les autorités du District de Bamako entreprennent des mesures souvent mal comprises par les populations. Elles concernent en général: le déguerpissement des espaces publics, des lits des cours d’eau… ou tout simplement l’interdiction d’activités malsaines qui sont aujourd’hui devenues plus que des habitudes. Face à ces situations, aux incompréhensions et à l’incivisme, le Gouverneur du District et son équipe sont souvent contraints de prendre des mesures idoines pour atteindre les objectifs escomptés.

Pour mieux comprendre ce processus qui oppose au quotidien les autorités et certains concitoyens, nous avons approché le Gouverneur du District, Ibrahima Féfé Koné. A coeur ouvert, M. le Gouverneur se confie :

Nouvel Horizon : Pouvez-vous nous parler de votre structure, M. le Gouvernorat?

Ibrahima Féfé Koné : Vous savez le Mali est un pays qui dépasse 1 million 240 mille Km2, subdivisé en régions (8 régions) plus le District de Bamako. Ces 8 régions sont des circonscriptions administratives et les régions sont composées de cercles et de communes. La ville de Bamako a un statut particulier, elle a ses limites incluses dans la région de Koulikoro, mais c’est une zone tampon qui était avant dans la même région de Koulikoro, comme les cercles de Nara, Kati, le cercle de Bamako.

C’est à la faveur d’un statut particulier qu’on a détaché la ville de Bamako du reste de la région de Koulikoro pour faciliter la gestion des affaires de la cité, les affaires de la capitale nationale. Le District de Bamako est une circonscription comme les autres, mais c’est également une collectivité, c’est pourquoi en tant que circonscription, elle est dirigée par un Gouverneur du District, et en tant que collectivité, elle est administrée par un maire du District.

Nouvel Horizon : Quelles sont les missions qui vous sont confiées ?

Ibrahima Féfé Koné : Le gouvernorat est le siège du Gouverneur. Le gouvernorat est là pour assurer la tutelle des communes qui composent le District de Bamako, parce que la ville de Bamako est subdivisée en 6 communes et la tutelle, le contrôle de ces communes est assuré par le Gouverneur du District. Le Gouverneur contrôle les activités des communes, il veille à ce que les communes agissent conformément à la légalité, que les actes qu’elles posent soient conformes à la légalité. Au cas contraire, le Gouverneur peut demander à ce que les maires reviennent sur ces décisions sinon le Gouverneur annule ces décisions si elles sont illégales.

Le gouvernorat assure également la coordination des activités des autres services techniques régionaux au niveau du District de Bamako. Le gouvernorat assure la représentation de l’Etat au niveau de la ville de Bamako, il a en charge des intérêts nationaux et les hautes autorités doivent doivent se informer au Gouverneur par rapport aux actions qu’elles comptent mener dans la ville de Bamako, car le Gouverneur assure la protection de l’intérêt de l’Etat, il est aussi chargé à l’application des lois au niveau de la ville de Bamako. Il exécute les projets nationaux qui concernent la ville de Bamako.

Nouvel Horizon : Quels sont les rapports qui existent entre le gouvernorat et la mairie du District ?

Ibrahima Féfé Koné : Comme le gouvernorat a la charge des intérêts nationaux, la mairie du District qui est une collectivité assure la représentation des populations de la ville de Bamako. Tous les projets initiés par les populations sont mis en oeuvrent par la mairie du District. La compétence des deux structures couvre tout le District, mais entre le maire et le Gouverneur, ce sont les rapports de collaboration. Il n’y a pas de rapport hiérarchique entre le maire et le Gouverneur du District.

Le Gouverneur peut mettre à la disposition du maire des techniciens pour l’exécution de son programme ou si la mairie du District a besoin des forces de sécurité pour exécuter telle ou telle action. C’est la même chose comme les autres services techniques.

Nouvel Horizon : Pouvez-vous nous parler de certaines de vos mesures et de leur caractère ?

Ibrahima Féfé Koné : nous avons entrepris plusieurs mesures pour rendre la vie agréable à Bamako. Normalement, ces mesures devaient être pour la plupart mises en oeuvre par les maires des communes et la mairie du District. Mais face à certaines difficultés, j’ai été obligé d’intervenir pour pouvoir prendre en charge ces projets enfin de leur donner une certaine vie. C’est l’Etat qui est la première collectivité et en créant les autres collectivités, l’Etat fait en sorte qu’elles puissent s’autoadministrer librement. Mais, l’Etat ne peut pas les laisser pour compte, c’est pourquoi l’Etat à travers le gouvernorat assiste ces collectivités pour pouvoir mettre en œuvre ces mesures enfin de faire de Bamako une ville où il fait bon à vivre.

Dans le domaine de l’assainissement, il nous a dit qu’il faut que toutes les ordures ménagères sortent de la ville, que les caniveaux soient régulièrement curés pour éviter les inondations, que les familles évitent de remplir les caniveaux par des ordures. Ces mesures sont faites pour sauvegarder la santé, et préserver la vie de nos concitoyens. Nous avons dit également de sortir les animaux de la ville. Cette opération est en cours maintenant. Si on surprend un animal en divagation, on le mettra en fourrière.

Au niveau des carrefours, nous avons dit que les mendiants et les vendeurs à la sauvette se retirent. Car ce n’est pas bon pour leur sécurité, la circulation peut être perturbée. Ils sont victimes des accidents et souvent il y a des voleurs aussi qui peuvent prendre des affaires à travers les vitres descendus des voitures et s’en fuir.

Il faut aussi lutter contre les vendeurs d’essence à la bouteille qui sont souvent à la base des accidents d’incendie. Nous prenons les produits et les détruisons. La libération du domaine public qui a défrayé la chronique est plus que nécessaire car ces occupations illicites mettent en danger la vie des populations.

En plus de la préservation de la vie des populations, il faut également donner une certaine image à la ville de Bamako, car la capitale ne peut être comme ville ou un village à l’intérieur du pays. C’est maintenant qu’il faut avoir le courage de prendre ces mesures pour assurer une belle capitale où il fait bon vivre pour la génération future.

Nouvel Horizon : Quel est votre dernier mot ?

Ibrahima Féfé Koné : Je voudrais seulement saluer toute la population de Bamako qu’elle sache que tout ce que nous faisons, c’est pour leur intérêt et l’amélioration de leur cadre de vie, c’est pour leur santé, de leur bien-être. Donc nous demandons à tout le monde de nous faire des suggestions pour l’amélioration de ce que nous faisons. De nous aider dans ce que nous faisons, car aujourd’hui le cadre et la condition de vie ne suivent pas le peuplement de la ville de Bamako.

Réalisée par Moussa KONDO (Stagiaire)

25 Septembre 2008