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Interpellation du gouvernement autour du molestage du député Mamadou Diarra :

Les députés maliens, présents à séance d’interpellation des ministres de la Sécurité intérieure et de la protection civile, de la défense et des anciens combattants et de la Santé autour du molestage dont a été l’objet leur collègue Mamadou Diarra (URD) par des policiers, le lundi 10 décembre à l’Hôpital Gabriel Touré, avaient solennellement réclamé des excuses au gouvernement.

Ils ne les ont pas obtenues. En lieu et place de celles-ci, ils ont eu droit à de simples regrets. Deux représentants de l’exécutif, Oumar Ibrahim Touré (Santé ) et Général Sadio Gassama (Sécurité intérieure), ayant estimé qu’une enquête est nécessaire pour faire toute la lumière sur l’incident avant toute décision. Dans la résolution qui a sanctionné cette interpellation, les élus de la nation n’en réclament pas moins des sanctions à l’encontre des agents fautifs.

Le gouvernement à travers quatre ministres (Oumar Touré de la Santé, Général Sadio Gassama de la Sécurité, Natié Pléah des Forces Armées et Mme Diabaté Fatoumatou Guindo en charge des relations avec les institution) étaient, dans l’après-midi d’hier jeudi 13 décembre, interpellé par les élus de la nation.

La séance interpellative a commencé par l’exposé des faits par le président de la Commission Défense nationale, de la sécurité et de la protection civile, Abdou Abdoulaye Sidibé. Ensuite, Mamadou Diarra, le député tabassé a donné lui-même sa version des faits. Elle est identique à celle que nous avons publiée dans notre parution du mardi 11 décembre.

La deuxième phase a consisté à donner la parole aux représentants du gouvernement notamment à Oumar Ibrahim Touré et Sadio Gassama.

Le premier a présenté l’hôpital Gabriel Touré qui est un établissement à caractère hospitalier doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Avant d’expliquer la gestion d’un afflux massif.
Il dira par la suite que les « médicaments et les examens radiographiques sont dispensés gratuitement à toutes les victimes au niveau de l’urgence de Gabriel Touré« .
Cette phrase a soulevé un courant de désapprobation des députés. Il aura fallu que le ministre Touré revienne à la charge pour expliquer que la gratuité n’est possible que dans la gestion d’un flux massif, c’est à dire au cours des accidents impliquant plusieurs personnes. Le reste a t-il précisé est géré autrement.

Le ministre de la Sécurité a donné la version suivante : « les médecins avaient ordonné que tous les parents et amis sortent de la salle d’urgence pour leur permettre d’examiner les malades. Tout le monde a compris sauf une seule personne. Le major a donc fait appel à la police pour la faire sortir. C’est douloureux, c’est regrettable. Ils ont reçu une instruction et ils l’ont exécutée. J’ai demandé à l’Inspection des services de sécurité d’ouvrir une enquête sur cette affaire. Nous allons prendre les mesures qui s’imposent pour que cela ne se reproduise plus. Je regrette ce qui est arrivé, cela ne devrait pas arriver« .

La troisième phase de cet exercice démocratique a vu les députés monter au créneau pour protester contre cet acte et poser des questions. Les élus de la nation toutes obédiences confondues, sont unanimes que les policiers ont fauté, qu’ils ont été discourtois et que rien ne justifie leur comportement. Ils ont tous demandé des excuses officielles du gouvernement à l’Assemblée nationale.

L’ancien ministre de la Justice, militant avéré des droits de l’homme, président du groupe parlementaire SADI, Me Hamidou Diabaté, a soutenu mordicus, que ce n’est ni plus ni moins qu’un cas d’agression et de coups et blessures volontaires au sens juridique du terme.

L’ancien président de l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Kéïta, lui remet en cause la nature de l’Etat qui nous gouverne. « Nous sommes dans quel Etat, pour quel objet et quelles missions ? » s’est -il interrogé.

L’ancien ministre de la Culture et non moins président du groupe parlementaire MPR, André Traoré, estime, pour sa part, que la faute est grave voire inqualifiable. Il a vivement dénoncé le fait que le gouvernement n’ait pas présenté ses excuses à l’Assemblée nationale. Et l’ancien ministre de l’Equipement, député du Parlement panafricain et membre de l’instance dirigeante de l’ADEMA de critiquer le peu d’égard que les policiers ont vis-à-vis des honorables députés. « Notre honneur, celui de l’Assemblée nationale est bafoué » a t-il déclaré.

Le Général Sadio Gassama est revenu à la charge, non pas pour présenter les excuses du gouvernement, mais pour dire sa disponibilité aux députés et promettre qu’après les enquêtes, des sanctions convenables seront prises.

Toutes choses que les députés eux-même ont demandé dans la résolution qu’ils ont adoptée à l’unanimité des 141 présents.
De même, ils souhaitent être informés des résultats de l’enquête et de toutes les mesures qui seront prises par les départements concernés. A suivre.

Chahana TAKIOU

14 Décembre 2007.