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Le général de police, Yahaya Sangaré accusé par des populations de Missabougou-Extension de les avoir déguerpis de leurs parcelles depuis 2007, a bien voulu se prêter à nos questions. Sans équivoque, il dit ne pas connaître ni d’Adam ni d’Eve ces déguerpis qui se sont regroupés en association. Interview.

Le Prétoire : Vous êtes dans le collimateur d’une association de déguerpis de Missabougou-Extension qui vous accusent de les avoir chassés de leurs parcelles au nombre d’une soixantaine. Qu’en dites-vous et comment cette affaire est arrivée ?

Yahaya Sangaré : Je vous remercie d’être venu à l’information, preuve de votre professionnalisme et du respect à la déontologie. Vous êtes venu à moi pour la recherche de la vérité et parce que vous n’écrivez pas pour amuser la galerie. Ce que les gens appellent l’Association des victimes du général de police Yahaya Sangaré est inconnue de moi. Je voudrai que les membres de cette association, qui m’accablent tant me montrent la parcelle d’où je les ai expulsés. S’il s’agit des titres fonciers de Djibril Yattassaye dit Djibi et du général Anatole Sangaré, je n’en dispose pas 1 Cm2. Je ne suis ni propriétaire ni associé à un d’entre eux.

Le Prétoire : Vous êtes pourtant accusé d’être le propriétaire de l’Agence Sahel immobilière citée dans cette affaire ?

Y. S. : C’est très simple et très léger de dire qu’un tel est propriétaire de telle ou telle chose. Ceux qui le disent peuvent bien le vérifier en demandant les statuts de création de cette agence. Il en est de même pour les copies des titres fonciers qui peuvent montrer s’ils m’appartiennent ou pas. J’aurais voulu être le propriétaire de tout Bamako et celui de toutes les agences immobilières du Mali. Mais je ne pourrais l’être qu’en conformité avec le droit et la loi de mon pays. Le ridicule ne tue plus. Mais comment un citoyen, général fut-il peut-il exproprier 64 familles sans droit ni titre. On sera dans un pays autre que le Mali. Je dirais que les victimes de cette association sont victimes d’elles-mêmes et des journaux qui relayent ce scandale qui n’en n’est pas un. Cette affaire inspire de la pitié face à l’ignorance et à la médiocrité. Je n’ai jamais expulsé une famille d’une parcelle à Missabougou-Extension et je ne suis propriétaire d’aucune parcelle de Sahel service ou d’Anatole Sangaré.

Le Prétoire : Y a-t-il un règlement de compte dans cette affaire lorsque vos adversaires demandent votre radiation de la police et disent qu’ils vont vous combattre surtout qu’ATT n’est plus là ?

Y. S. : Je l’ai lu avec un large sourire dans la presse qu’ATT est tombé qu’ils vont me combattre. Personne ne pourra me combattre sans raison parce que tout ce qui est raconté est une niaiserie. Ces gens finissent par ne plus amuser la galerie. Au lieu de me condamner injustement, les lecteurs avisés comprendront qu’ils sont insultés. Je suis tranquille avec ma conscience. Je n’avais même pas pour souci de répondre, si ce n’était pas cette démarche professionnelle que vous avez engagée envers moi. ATT est un homme que j’ai aimé, respecté et considéré. Je pense que les Maliens qui ont accepté d’être dirigés 10 ans par lui savent pourquoi. Ce n’est qu’à la fin de son règne qu’il a été renversé. Si je dois haïr ATT, j’aurai dû avoir de la dignité de démissionner de mon rang d’officier.

Le Prétoire : Vous vous sentez diffamé et victime de délation de la part d’une association dont vous ignoré l’existence. Etes-vous prêt à porter plainte ne serait que pour réparer le préjudice moral que vous avez subi ?

Y. S. : C’est conformément à ma nature comme beaucoup de Maliens que je veux être conciliant. Je ne me donne pas la peine de porter plainte contre qui que ce soit dans cette affaire en tout cas. Les inepties sont tellement grandes qu’elles ne résistent ni au temps, ni à la simple logique. Je suis un officier de police depuis 46 ans et je n’ai jamais traîné quelqu’un devant le tribunal. S’il m’arrive que je me défende je n’hésiterai pas à le faire à mon corps défendant. Je suis croyant et personne ne pourra attenter à ma personne pour me salir.

Propos recueillis par

Nouhoum DICKO

Le Prétoire du 23 Août 2012