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L’objet de la mission comporte la restauration de l’Etat malien, le contrôle de l’Etat sur l’intégrité de son territoire en lui permettant de fonctionner selon les règles de l’Etat de droit et d’un pays démocratique. . « L’armée malienne a besoin aujourd’hui d’une refondation qui passe par une redéfinition de son concept d’emploi de sa doctrine et de la reconstruction de ses unités d’emploi en coopération étroite avec les chefs des forces armées maliennes, avec les politiques », selon le Général Lecointre. Cependant, interrogé par les journalistes, sur les rapports entre l’EUTM et le Comité militaire de suivi de la Reforme des forces de défense et de sécurité, et notamment de son président le Capitaine Sanogo, le Général Lecointre, Chef de la Mission EUTM-Mali a déclaré qu’il n’a aucun contact avec le comité militaire de suivi de la reforme.

Le Général François Lecointre, le patron de l’EUTM-Mali (Mission d’entrainement de l’Union européenne au Mali) et l’Armée malienne représentée par le chef d’état-major Ibrahima Dahirou Dembélé ont signé « un arrangement technique » en vue de la formation des militaires maliens.

Cette formation à la demande du Mali concerne quatre bataillons de l’armée malienne. Pour sa réussite, l’Union européenne a débloqué 12,3 millions d’euros, soit plus de 7 milliards de FCFA. Les formateurs européens sont au nombre de 500 militaires qui seront repartis entre Koulikoro théâtre de la formation et Bamako où résidera l’état major de l’EUTM-Mali. La formation aboutira à une soumission complète de l’autorité militaire au pouvoir civil.
Le Conseil de l’Union européenne a procédé au lancement de cette mission lundi 18 février à Bruxelles. C’est à la suite de ce lancement à l’allure politique en Europe, que le Général Lecointre a décidé descendre sur le terrain au Mali, pour voir concrètement en rencontrant les premières équipes de liaison qu’ils ont mis en place et rencontrer à nouveau le Général Dembélé, chef d’état major général des armées, le ministre de la Défense, et tous les interlocuteurs avec lesquels ils doivent travailler durant les mois qui suivent. «Le but de cette mission de terrain est de voir où en est-on aujourd’hui dans l’installation de la mission et dans le diagnostic concret que nous pouvons porter sur les besoins qu’a l’armée malienne», selon le général Lecointre.

Des travaux d’infrastructures seront engagés sur le budget de l’Union européenne qui permettront d’agrandir le camp de Koulikoro, de façon à y accueillir les instructeurs européens qui devraient être en place à pied d’œuvre dès la mi-mars pour pouvoir entamer la formation des premières unités maliennes au début du mois d’avril. Selon le Général François Lecointre, les étapes de planification que l’EUTM s’est fixées sont tenues jusque là. Selon lui, inchallah, les formations commenceront le 2 avril, lui-même ayant été désigné comme chef de la mission le 17 janvier 2013.

L’objet de la mission comporte la restauration de l’Etat malien et le contrôle de l’Etat sur l’intégrité de son territoire et de lui permettre de fonctionner selon les règles de l’Etat de droit et d’un pays démocratique. « L’armée malienne a besoin aujourd’hui d’une refondation qui passe par une redéfinition de son concept d’emploi de sa doctrine et de la reconstruction de ses unités d’emploi en coopération étroite avec les chefs des forces armées maliennes, avec les politiques. Nous allons nous employer à ce que ce travail soit fait », a souligné le général Lecointre. Cependant, interrogé par les journalistes, sur les rapports avec le Comité militaire de suivi de la Reforme des forces de dééfense et de sécurité, et notamment de son président le Capitaine Sanogo, le Général Lecointre, Chef de la Mission de formation EUTM a déclaré : « je travaille avec le ministre de la défense, le chef d’état major de l’armée de terre, le chef d’état major général des armées. Je n’ai pas de contact avec le comité de suivi de la reforme. Pour l’instant, les contacts que j’ai me suffisent pleinement pour définir la marche à suivre … Je n’ai pas d’autre commentaire à apporter ».
Le chef d’état major général des armées Ibrahim Dahirou Dembélé a indiqué que la formation concernera quatre bataillons de 650 à 700 hommes pour les rendre « aptes au combat ».

« Chasser du Mali les terroristes et leurs complices, sans former l’armée malienne, remettre à niveau ses capacités opérationnelles et lui redonner les moyens de garantir l’intégrité territoriale du Mali, de sauvegarder la souveraineté nationale, équivaudrait à soigner les symptomes de la maladie en ignorant les causes», a déclaré le général Dembélé. Selon lui « cette mission de l’Union européenne EUTM envisage de s’attaquer aux racines de la crise que le Mali connait aujourd’hui, c’est-à-dire le déficit capacitaire de son outil de défense ». Le chef d’état major général a assuré le Général Lecointre de sa collaboration entière en soutenant que ses structures techniques et lui-même ne menageront aucun effort pour que cette mission commune soit un succès.

B. Daou

Le Républicain du 21 Février 2013