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Deux membres de la famille du Général de brigade Al Hadji Gamou ont été tués dans la nuit du 18 au 19 novembre à Djebok (Ansawadji) à 45 km de la ville de Gao sur la route de Kidal par des éléments du Mujao qui ont revendiqué quelques jours plus tard ce crime.

Les membres du Mujao ont pris d’assaut dans la nuit du 18 au 19 novembre dernier, le campement de Hemzady Ag Bal, l’un des chefs de la tribu Imrad de Djebock. Sans rien réclamer, ces hommes lourdement armés ont abattu froidement le Chef et sa fille de quatre ans. Cachée sous le lit, son épouse a été brûlée par les rafales. Elle se trouve dans un état inquiétant à l’hôpital de Gao, où elle suit des soins intenses.

Joint au téléphone, le général de brigade, Al Hadji Gamou a condamné ce geste barbare et a souhaité que des enquêtes soient menées, afin que les auteurs de ce crime soient condamnés. » J’ai appris avec consternation, le décès de l’oncle paternel de mon épouse et de sa fille de 4 ans. Sa femme est également dans un état inquiétant, présentement en urgence à l’hôpital de Gao. Etant pour le moment à Bamako, j’ai dû envoyer mon épouse à Gao, afin de s’occuper d’elle à l’hôpital » a déclaré le Général Gamou. Répondant à la question de savoir si cet acte est un règlement de compte, le général Gamou avouera n’avoir aucune idée sur les raisons de ce crime.

Aux dernières nouvelles, les autochtones de Djebock seraient en train de traquer tous les membres du Mujao présents dans leur tribu. Ceux-ci auraient fui pour se refugier à la frontière du Niger.

Qui est le général Gamou ?

Le Général Gamou est un commandant touareg resté fidèle à l’armée malienne pendant l’offensive et l’occupation du nord du pays par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), et des autres groupes armés, Ansar Edine, Mujao, etc en 2012 et 2013. Réfugié au Niger avec ses hommes, il revient au nord du pays lors de la contre-offensive franco-malienne de janvier 2013 contre les islamistes alliés à Al-Qaïda.

Nommé Général le 18 septembre 2013 par le président Ibrahim Boubacar Keïta pour service rendu au cours de la crise, Gamou est un touareg de la tribu des Imrad qui entretient des relations difficiles avec celle des Ifoghas à laquelle appartient notamment Iyad Ag Agaly, le chef d’Ansar Edine. Cet ancien cadre charismatique de la rébellion touareg de 1990-91 avait été réintégré dans l’armée malienne à la suite des accords de paix de Tamanrasset (Algérie) du 6 janvier 1991.

Clarisse Njikam

L’Indépendant du 26 Novembre 2013