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Le Général Elhaji Gamou, officier supérieur de l’armée, devient de plus en plus problématique pour sa hiérarchie et même pour le pouvoir politique. En effet, depuis les années ATT, cet officier supérieur, autour duquel un véritable mythe a été construit, s’est doté d’une véritable milice dont la grande majorité n’est autre que ses parents. Certains d’autres eux sont des soldats de l’armée malienne, qui émargent au compte du ministère de la Défense et des anciens combattants, mis à la disposition du Général Gamou pour les « besoins de la cause ». Gamou et ses gens étaient financés, équipés et entretenus à concurrence de dizaines voire de centaines de millions de nos francs durant l’ère ATT. Malheureusement, ils n’ont jamais gagné une victoire, aucun succès militaire. C’étaient les replis tactiques et autres stratégies imaginaires. Ces hommes là n’ont pas pu empêcher la percée de la rébellion notamment du MNLA avec ses « succès éclatants » pour reprendre l’expression d’Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères de l’époque. Ce n’est pas tout. Gamou et ses hommes n’ont pas pu, non plus, empêcher l’arrivée des Djihadistes. La suite est connue.

Aujourd’hui encore, le même scénario se répète avec le régime d’IBK : le mythe Gamou revient avec tous les honneurs et avantages, à la différence que pendant la gestion d’ATT, la milice Gamou n’avait pas de direction politique. Même si elle en avait, elle était très discrète. Cette fois-ci, il y a le Gathia, qui se proclame comme mouvement d’autodéfense des Imghads et alliés. Sa branche armée n’est autre que la milice Gamou, composée principalement de soldats de sa communauté et d’autres personnes non inscrites dans le registre de l’armée.

Ce qui est étonnant, c’est que cet officier de l’armée proclame son appartenance à la fois à cette milice et à l’armée malienne.
Dire que Gamou est du Gathia est un secret de polichinelle, mais que lui-même revendique son appartenance aux deux entités, à travers les réseaux sociaux – il y a eu un démenti et une confirmation par l’intéressé lui-même -, prouve à suffisance l’agacement du Général. Au point qu’on se demande s’il veut défier l’Etat ou la communauté internationale ou les deux à la fois ?

Ce qui est sûr, c’est que Gamou est un officier controversé, qui a su se donner une belle image d’un malien patriote, engagé pour l’unité et la réconciliation du pays. Mais, sa méthode n’est pas porteuse parce qu’il ne sait qu’utiliser la force, sans aucun succès. Au contraire, cette stratégie complique le dénouement de la crise et bloque la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale. La force n’a plus de poids de ce processus. Il s’agit de faire appel à l’intelligence, à l’unité et de combattre les rancœurs pour pouvoir avancer. Au lieu de cela, on multiplie les fronts pour donner naissance à des conflits ethniques ou communautaires, avec des pertes en vies humaines inutiles. Tout cela est difficilement compréhensible en raison de la localisation de la « guerre » et des parties en conflit. Elles sont toutes Touaregs, minoritaires parmi les marginaux du pays. Au lieu de s’entendre pour défendre les intérêts des « Azawadiens », au nom desquels ils se battent, ils préfèrent s’exterminer pour zéro.

A bas la guerre, vive la paix dans le cadre de l’Accord issu du processus d’Alger, l’unique voie pour sortir notre pays de la crise.

Chahana Takiou

Du 26 Septembre 2016