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Premier déplacement de Soumaïla Cissé après sa défaite à la présidentielle du 11 août : le futur leader de l’opposition en visite à Tunis

Après avoir remercié les militants et les alliés de son parti pour le résultat jugé satisfaisant obtenu lors du second tour de l’élection présidentielle, Soumaïla Cissé a pris son bâton de pèlerin pour aller saluer la diaspora. Première étape : la Tunisie qui sera suivie d’autres pays de la sous-région.

Cette visite que le futur leader de l’opposition malienne a entamée le lundi dernier sera, certainement, suivie à la loupe tant par ses partisans que par les nouvelles autorités qui s’apprêtent à poser, avant le 4 septembre, leurs valises au palais présidentiel de Koulouba. Même si dans l’entourage de Soumaïla Cissé on estime que ce premier déplacement à l’extérieur, depuis sa défaite à la présidentielle du 11 août, ne revêt qu’un caractère privé, il n’est pas exclu qu’il bénéficie d’une forte audience dans ce pays, en rencontrant des officiels tunisiens.

Les résultats définitifs du second tour de la présidentielle, proclamés hier, ne pouvant rien changer dans ce score nord-coréen, Soumaïla Cissé se prépare donc à prendre sa place dans l’opposition dont il est désormais le leader incontesté. Cela dans la mesure où, avant même les élections législatives qui doivent montrer quels partis seront dans l’opposition ou pas, les leaders de toutes les formations politiques dignes de ce nom se sont empressés de se mettre à l’ombre du président de la République élu, Ibrahim Boubacar Kéïta. Certains d’entre eux étant, naturellement, à la recherche d’un abri leur permettant d’éviter de faire face à la justice dans des dossiers de corruption présumée, de détournement de fonds ou d’escroquerie.

Il faut, en tout cas, être au Mali pour voir une telle précipitation à vouloir se mettre autour d’une soupe alors que celle-ci n’est pas encore totalement prête…pour être servie. Plus est, il n’y a que très peu de place pour contenir tout ce monde si pressé de boire le petit lait matinal…aux côtés du président IBK. Le seul à clamer haut et fort, après sa défaite, que sa place est, naturellement, dans l’opposition est le candidat de l’URD, Soumaïla Cissé qui, aujourd’hui, constitue l’espoir de tous ceux qui rêvent d’une véritable opposition au Mali. Car, même l’ADEMA-PASJ, qui était fortement attendu dans ce camp mais dont les cadres ont une peur bleue de l’opposition, est sorti de sa réserve à travers l’interview d’une de ses dames de fer, Mme Zouré Fadimata Maïga, pour dire qu’il n’ira pas dans l’opposition « pour avoir soutenu IBK au second tour « . C’est dire que le président élu, comme ce fut le cas sous ATT, a eu tellement de soutiens qu’on a de la peine à les comptabiliser tous aujourd’hui. Faudrait-il alors que tous ces soutiens aillent maintenant se frotter au verdict des législatives d’octobre prochain afin qu’on puisse réellement se faire une idée sur leurs poids réels. Le partage du gâteau, dans la majorité des cas, se faisant sur cette base et non sur la base de soutiens creux.

En tout cas, pour le moment, c’est Soumi Champion qui est le seul, avec le président-fondateur de l’UMAM, Jeamille Bittar, à s’être déclaré de l’opposition. Cela avant même la tenue des législatives. il n’a pas attendu la proclamation officielle des résultats pour commencer à travailler dans le sens d’une alternative crédible au pouvoir d’IBK et alliés.

Mamadou FOFANA

L’Indépendant du 21 Août 2013