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Le département des sports avait instruit à la fédération malienne de football de lui faire parvenir un document motivant son intention de se séparer de l’entraîneur Jean François Jodar et de lui faire des propositions de noms pour sa succession.

Le document, qui doit comporter CV et prétentions salariales des proposés, devrait arriver au plus tard demain vendredi.

Votre bi-hebdo a pu mettre la main sur ce document confidentiel que nous vous proposons in extenso

BREF RESUME DES RAISONS DE LA RESILIATION DU CONTRAT DE M. JEAN FRANCOIS JODAR

1. Echec de la préparation :

Le programme de préparation de l’encadrement technique aux Emirats a été un échec. D’abord par manque de rencontres, ensuite par un voyage très perturbé par la gestion calamiteuse du cas des joueurs évoluant en Espagne. Le comportement du sélectionneur vis à vis des joueurs ayant sollicité l’autorisation de disputer un match avec leurs clubs respectifs a provoqué une tension inutile qui a affecté la sérénité du groupe.

Aux Emirats un seul match a été joué. Donc, le stage aux Emirats a été techniquement insuffisant et l’environnement psychologique a été détérioré à la veille de la CAN.

2. Le cas Mohamed Lamine SISSOKO :

Le joueur Momo durant la CAN a vécu un tournant crucial de sa carrière. Il a sollicité une absence pour subir un test avec une nouvelle équipe en Italie. Jodar a opposé un refus catégorique au désir du joueur et a demandé des sanctions contre le joueur. Ce que la Fédération a fermement rejeté au motif d’abord que c’est un cas de discipline qu’il doit gérer, ensuite qu’il a toujours ignoré les avis et suggestions de la Fédération.

Pour le cas de Momo, tous les joueurs ont fait bloc derrière leur camarade. Echec pour l’entraîneur et installation d’une crise de confiance entre les joueurs et l’entraîneur.

3. Le climat au sein du groupe des Aigles :

Jodar par son comportement (suffisant et arrogant) a détérioré ses relations avec les joueurs. Il n’était plus écouté car trop limité pour être le meneur d’hommes qu’est sensé être un entraîneur. C’était un bateau sans commandant qui était à la CAN. Jodar a reconnu son échec en sollicitant le soutien d’officiels aux moments critiques. Par devoir et patriotisme, le CE a agi auprès des joueurs. Le cas Momo a fini de le discréditer aux yeux des joueurs.


4. Relations avec le Comité Exécutif :


Malgré ses déclarations affirmant qu’il ne recevait aucune pression du C.E, Jodar n’a jamais suivi les suggestions et conseils de l’organe dirigeant, Il s’est montré autoritariste jusqu’au manque de respect, de courtoisie et de correction dans le langage. Il a exigé des hommes à lui pour les tâches dévolues au C.E. Ainsi, il a outrepassé ses prérogatives se donnant les droits de décider du nombre et de la qualité de la délégation officielle autorisée par la CAF à la Coupe d’Afrique au Ghana.
– l’entraîneur a toujours refusé de tester de nouveaux joueurs susceptibles d’aider à l’amélioration de l’équipe.
– Citons un fait caractéristique du personnage, il a traité “d’imbécile » un journaliste qui n’était pas de son avis lors d’une conférence de presse. En fait, il n’existait aucune collaboration entre Jodar et le C.E malgré les efforts louables des Présidents qui se sont montés patients en vain.

5. Les résultats :

Les autorités à tous les niveaux ont réuni toutes les conditions pour obtenir les meilleurs résultats : efforts humains, financiers jusqu’à l’instance suprême du Mali.


6. Résultats techniques :


Le plus important, c’est l’échec au Ghana car le sélectionneur avait une obligation de résultat. Au Ghana, il a fait une gestion très maladroite de l’effectif mettant ainsi à nu ses limites techniques et d’une absence totale de psychologie de groupe qui ont fini par le discréditer aux yeux des joueurs et qui l’a conduit à la gestion calamiteuse du dernier match de poule.

7. Non respect des clauses du contrat :

Jodar selon les clauses du contrat est aussi DTN et entraîneur: fonctions qu’il n’a jamais honoré malgré les multiples injonctions des présidents du C.E.
A ces raisons nous ajoutons la démobilisation des joueurs, et surtout la grande aversion populaire pour l’individu dont la gestion sécuritaire pourrait être très difficile.

8. Propositions :

Aussi nous demandons la résiliation du contrat de Jodar et le recrutement d’un nouveau sélectionneur. Pour ce faire le C.E pense que:

-L’idéal serait de lui payer en une seule tranche le reliquat de ses émoluments dus au cas où les moyens financiers de l’Etat le permettraient (soit 9 825 000 X 4 = 39 300 000 FCFA) à titre indicatif car les montants précis sont au niveau de la DNSEP. Ceci présente l’avantage d’écarter toute influence négative de l’intéressé sur le nouvel entraîneur.

-l’autre hypothèse serait de continuer à le payer mensuellement jusqu’en fin Juin, auquel cas le C.E exigera de lui la finalisation dans le temps restant à courir de l’étude portant sur le développement du football qui lui avait été confiée conformément à la mission de Directeur Technique National qu’il devait assumer concomitamment à celle de sélectionneur national et d’entraîneur, tâches qu’il n’a jamais exécutées prétextant de la préparation des matches qualificatifs de la CAN.

9. Proposition d’entraîneur :

Le C.E a prospecté sur le marché des entraîneurs et a ainsi jeté son dévolu sur deux qui ont l’aptitude de manager les Aigles dans les meilleures conditions. Il s’agit de.
– Stephan KESHI
– Dessuyer.

Ces deux techniciens ont l’avantage parmi ceux consultés de connaître le football africain et ses contraintes organisationnelles pour avoir dirigé les “Epervier du Togo” pour le premier et le “Syli National” pour le second.

L’Aube

06 mars 2008.