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Entre rumeurs incessantes et informations contradictoires, une totale incertitude régnait jeudi sur la destination finale de la dépouille de Michael Jackson et les intentions de sa famille pour honorer sa mémoire.

Pendant que les fans du chanteur de « Thriller » affluaient aux portes de son domaine californien de Neverland, dans les vignobles de Los Olivos, à 150 km au nord-ouest de Los Angeles, la famille a démenti mercredi dans un communiqué la tenue d’une quelconque cérémonie dans la propriété.jpg_Sans-titre-2-8.jpg

« La famille Jackson annonce officiellement qu’il n’y aura aucune exposition publique ou privée (de la dépouille) à Neverland », a annoncé l’agence de relations publiques Sunshine, Sachs & Associates, au nom du clan.

« Les projets concernant une cérémonie publique pour Michael Jackson sont en cours (de décision) et nous les annoncerons rapidement », ajoutait l’agence.

Mais mercredi soir, rien n’avait filtré des intentions de la famille et le feuilleton s’enrichissait de nouvelles spéculations.

La chaîne de télévision américaine E!, dévolue au spectacle, affirmait que le « roi de la pop » serait enterré au cimetière de Forest Lawn, à Los Angeles, information qu’un porte-parole, contacté par l’AFP, a refusé de commenter.Le Los Angeles Times croyait savoir que la cérémonie à la mémoire de la pop star aurait lieu au Los Angeles Memorial Coliseum, le stade qui a accueilli les jeux Olympiques en 1932 et 1984. Selon la chaîne ABC, elle s’y tiendrait mardi.

Etait également citée le Staples Center, à Los Angeles, où Michael Jackson avait répété, la veille de sa mort, le spectacle qu’il devait présenter à Londres pour son grand retour sur scène.

Si l’incertitude concernant les funérailles de l’interprète de « Billie Jean » est complète, un mystère a été levé: celui du testament de la pop star, rendu public mercredi à la Cour supérieure de Los Angeles.Le document, daté du 7 juillet 2002, confirme que Jackson voulait confier la garde de ses trois enfants à sa mère, Katherine. La surprise est venue de sa décision de nommer également la chanteuse Diana Ross responsable de ses enfants et de leurs biens, si sa mère venait à disparaître.

jpg_Sans_titre-3-7.jpgLa diva de la soul, Diana Ross, 65 ans, était une amie de longue date de Jackson, qu’elle avait connu enfant, lorsqu’il faisait partie des Jackson Five.

Katherine Jackson, 79 ans, s’était déjà vu confier par la justice, lundi, la garde provisoire de Prince Michael (12 ans), Paris (11 ans) et Prince Michael II (7 ans), et l’administration provisoire des biens de son fils.

Une audience est prévue le 6 juillet pour statuer à plus long terme.
Le testament stipule par ailleurs que le patrimoine de la star est intégralement légué au Fonds de la Famille Michael Jackson (« Michael Jackson Family Trust »), sans préciser la composition ni les membres de ce fonds.

Le père de Michael Jackson, Joe Jackson, n’est mentionné à aucun moment dans le document. La seule personne nommément exclue de l’héritage est Deborah Rowe, deuxième femme du chanteur et mère de ses deux premiers enfants.

Des documents joints au testament en 2002 évaluaient alors la fortune du « roi de la pop » à plus de 500 millions de dollars.

Du côté de l’enquête sur les causes de la mort de Jackson, des médias ont affirmé que l’agence américaine de lutte contre les stupéfiants (DEA) s’était jointe aux enquêteurs pour les aider à faire la lumière sur l’origine de certains médicaments.La DEA n’a pas confirmé se bornant à rappeler qu’elle offre « communément » son assistance aux enquêteurs sur des dossiers liés à la Loi Fédérale des Substance Contrôlées, en ajoutant: « nous n’avons rien de plus à dire sur la mort de Michael Jackson ».

Mercredi, le chanteur aux 750 millions d’albums vendus était de retour au sommet des hit-parades américains, s’adjugeant 9 des 10 premières places de la liste des meilleures ventes du magazine spécialisé Billboard.

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Un village ivoirien réclame le corps de son « fils » : Michael Jackson

« C’était notre fils, nous réclamons son corps »: les notables de Krindjabo, capitale du royaume du Sanwi (sud-est ivoirien), demandent que Michael Jackson soit enterré dans ce village qu’il avait visité en 1992 et où il avait été intronisé « prince ».

« Nous réclamons que son corps arrive pour qu’il soit enterré dignement à Krindjabo », explique à l’AFP Ahissan Nogbou, porte-parole du roi des Sanwi, un royaume des Akan, grand groupe ethnique qui s’étend de la Côte d’ivoire au Togo.

Alors qu’aux États-Unis l’incertitude règne sur la destination de la dépouille de la star décédée le 25 juin à Los Angeles – l’hypothèse Krindjabo apparaissant toutefois des plus improbables – le notable ivoirien ne veut pas croire que le corps puisse être transféré ailleurs qu’au village.jpg_Sans-titre-4-4.jpg

« Ce serait une honte, car dans la tradition akan un prince est toujours enterré chez lui », fait-il valoir, drapé d’un pagne noir, couleur du deuil, sous le regard du roi Amon N’douffou V qui, selon la coutume, ne parle jamais en public.

Le 13 février 1992, le chanteur de « Thriller », en tournée sur le continent africain, était venu dans ce gros village au cœur de la forêt pour retrouver ses racines africaines.

Tano Koutoua, un planteur octogénaire, faisait partie des notables qui avaient participé à l’événement, sous l’égide du roi précédent, Amon N’Douffou IV.

« Son séjour dura 30 minutes. Il avait été couronné Amalaman Anoh, du nom d’un ancien prince du royaume, sous l’arbre à palabres » qui se dresse majestueusement au milieu du village, se souvient M. Koutoua, une photo de la cérémonie à la main.

Michael Jackson « avait expliqué à l’assistance que ses origines proviendraient de ce royaume Sanwi, avant de dire merci en langue agni (ethnie locale, ndlr) », raconte-t-il, disant pleurer « un enfant du village ».Collégien à l’époque, Fulbert N’Douba, 30 ans, se rappelle que la superstar avait promis « la construction d’un foyer de jeunes qui devait être une pépinière des vedettes de la chanson ».

Las, « le projet n’a pu être réalisé en raison de la politique destructrice des fils du terroir », se lamente M. N’Douba, désignant les quatre hectares de terrain réservés, désormais envahis par les herbes.

Selon lui, l’artiste avait été déçu par la suite de recevoir dans son ranch californien de Neverland, pour évoquer le projet, « une délégation de notables autre que celle qui l’avait accueillie en Côte d’ivoire ».

Pour l’heure, les habitants du village ont décidé cependant de mettre en sourdine leurs querelles pour rendre un hommage princier au « roi de la pop ».

La Mutuelle des originaires du canton de Krindjabo (Amok), association des cadres de la localité, a annoncé mardi la mort du « fils adoptif » dans la rubrique nécrologique du journal pro-gouvernemental, Fraternité-Matin.

Un comité travaille sur le programme de la cérémonie, qui comprendrait une exposition de photographies et d’œuvres discographiques dans la grande cour royale.

L’un des temps forts devrait être une parade de sosies de Michael Jackson sur la place principale du village. Et une causerie-débat sur « l’influence de l’artiste sur la musique du XXe siècle » réunira journalistes et musicologues.

Mais malgré l’hommage prévu, les villageois expriment d’une même voix un regret. « Michael Jackson est mort sans laisser aucun souvenir dans son village », déplore une vieille dame, Thérèse Somian Affala.

AFP du 02 Juillet 2009