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La 11e édition du Festival au désert, s’est déroulée du 6 au 8 janvier 2011 sur les dunes de la paix dans une ambiance carnavalesque. Elle a mobilisé les festivaliers de tous les continents malgré le tapage médiatique qui place Tombouctou en zone rouge. L’événement était présidé par le ministre de l’Artisanat et du Tourisme. Il avait à ses côtés le ministre de l’Equipement et des Transports, le président de la commission d’organisation du cinquantenaire, les présidents des assemblées régionales du Mali, du Sénégal et du Maroc.

Le Festival au désert existe depuis la nuit des temps. Il est l’expression manifeste de la volonté des populations du désert de valoriser leurs traditions et culture dans sa splendeur originale.

Face aux multiples facteurs qui handicapent le développement local, les communautés du désert ont décidé librement de conjuguer leurs efforts pour la résolution pacifique des problèmes qui se posent à elles. Chaque année, elles se rencontrent pour discuter de leurs problèmes et trouver des solutions pérennes aux différends qui se posent entre deux rencontres.

Le Festival au désert vise donc la paix, la sécurité et le développement des régions du Nord en particulier et du Mali en général. C’est en 2000, qu’il a pris une dimension internationale, avec la participation de festivaliers de tous les continents. Il fait partie des 20 plus grands festivals du monde.

Le Festival n’est pas seulement que festif, il est porteur d’un projet de développement pour mettre en valeur les potentialités et vendre la culture de la région de Tombouctou. Pendant trois jours les festivaliers ont donc découvert quelques aspects de la culture du Nord à travers la musique, l’artisanat et ont pu contempler le relief du désert même s’il a été quelque peu ébranlé par un message de l’ambassade de France qui place Tombouctou en zone rouge sur son site Internet. Condamnant, ainsi les projets de développement, de création de revenus des populations.

Le parrain du festival, Ndiaye Bah, a dénoncé cette attitude face à la situation du Nord. « C’est avec un grand bonheur qu’ensemble, nous vivons la 11e édition au désert. Votre présence à ce festival est d’autant plus réjouissante, que d’aucuns cherchent à vous décourager, à vous dissuader de venir au Mali, dans la région de Tombouctou qui serait sous la menace d’AQMI ».

Et d’ajouter : « Je souhaite ardemment que cette démarche soit abandonnée pour favoriser un climat de sérénité plus propice au développement de Tombouctou et du Mali ».
Le promoteur du festival, pour sa part, a évoqué les cas des abandons de dernière minute. « Il y a eu des défections, en fait ce n’est pas la première fois c’est la même situation que nous vivons depuis 3 à 4 ans. Chaque fois, il y a blocus médiatique sur le Nord. La pression et la campagne s’accentuent d’année en année mais il y a toujours des festivaliers qui bravent ces interdictions ».

Malgré tout, a-t-il souligné, il y a eu du monde. Ils étaient en effet quelque 600 Occidentaux au Festival à Tombouctou.
Après l’ouverture officielle, le ton avait été donné par le groupe Mathilde suivi de Samba Touré, Amkoullel, Wal Flash du Sénégal. L’événement a été riche en musique. Il a enregistré la présence d’artistes de renommée internationale comme Habib Koité, Oumou Sangaré, Baba Salah et Vieux Farka.

Abdou Maïga

(correspondant régional)

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Assurance contre peur

Le fait marquant de la 11e édition du festival au désert, transférée depuis deux ans sur les dunes de la paix, a été la présence du président de la République à la clôture.

 » Je voudrais remercier tous ceux qui ont effectué le déplacement et aussi tous ces hôtes qui nous ont fait confiance, qui sont venus malgré tout. Le développement local, la prise en charge des préoccupations essentielles des populations constituent l’arme la plus redoutable et la plus efficace contre le terrorisme, le banditisme transfrontalier et d’autres types de menaces », a-t-il dit.

 » Ma présence, a ajouté le chef de l’Etat, est le témoignage de notre soutien aux populations et de notre volonté de partager le risque avec elles. Parce que désert et Sahara n’est pas seulement une menace, c’est aussi la joie à cette fête des chameaux ».

Selon le directeur du Festival d’Essakane communément appelé Festival au désert, « la présence du président de la République est à la fois symbolique et confortable ». « C’est la preuve que les autorités sont avec nous. Il va falloir démontrer que la campagne d’intoxication est exagérée. Nous ne comprenons pas pourquoi spécialement cette partie du Mali est visée par les médias internationaux alors que les enlèvements se font ailleurs ».

A. M.

11 Janvier 2011.