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Politique : le FDR soupçonne le premier ministre d’intelligence avec des “extrémistes” politiques

Entre le Front Uni pour la sauvegarde de la Démocratie et de la République (FDR) et le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, le désamour semble plus que profond.

Vingt quatre heures avant la confirmation du chef du gouvernement à son poste par le président de la République par intérim, le Pr. Dioncounda Traoré, le collectif anti-putsch lui chargeait d’un communiqué des plus virulents. Signé par la deuxième vice-présidente du collectif, Mme Fatoumata Siré Diakité, la missive intime au chef du gouvernement de «clarifier, sans délai, ses relations avec le groupe Yèrèwoloton et tous les cercles extrémistes dont les activités visent à déstabiliser la Transition au quotidien»

Si un procès n’est pas encore ouvert dans l’affaire dite de «l’agression du président de la République», le FDR ne se fait guère d’illusion : Yèrèwoloton est «sans équivoque, impliqué» dans cette agression. Les responsables de ce groupe dont un procès est pendant devant le tribunal de première instance de la commune III sont accusés de «troubles graves à l’ordre public». Et le verdict à ce sujet est attendu pour le 28 août.

Créé au lendemain du coup d’Etat du 22 mars, le groupe s’est illustré par des manifestations populaires dont la dernière fut une marche réprimée, le 6 août dernier. L’organisation qui se veut un catalyseur de la volonté de changement opérée à la faveur du coup d’Etat militaire avait également organisé un sit-in qui dura près de deux mois devant l’Assemblée nationale entre avril et mai. Le FDR en veut donc au premier ministre de ne pas avoir pris de «disposition» pour «dégager» le groupe.

Si le FDR soupçonne le premier ministre d’intelligence avec ce groupe et d’autres collectifs hostiles au président Traoré, il reste à préciser que leurs créations ont précédé la nomination de Cheick Modibo Diarra à la primature.

Seydou Coulibaly

13 Août 2012

©AFRIBONE