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Les responsables du front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR) ont organisé, le samedi 29 septembre, au siège de la section Adéma de la commune II, une rencontre de mobilisation des militants à la base. La conférence-débat, à laquelle cette réunion a donné lieu, a permis à la vice-présidente du bureau national du FDR, Mme Fatoumata Siré Diakité et d’autres responsables tels que Lassana Koné, Bassala Haïdara, Mmes Coulibaly Salimata Cissé, Kéita Salimata Kéita de sonner le réveil dans le camp des anti-putsch pour une démonstration de force à travers une marche ou un meeting dans les prochains jours à Bamako et ailleurs.

Cette rencontre du FDR intervient dans un contexte où des voix s’élèvent pour critiquer le déficit de communication du «regroupement des partis les plus significatifs» du landernau malien. En effet, selon plusieurs observateurs, le regroupement anti-putsch ne manifeste pas comme son adversaire, la COPAM ou le MP-22 se plait à le faire régulièrement. Depuis qu’un meeting du front à la Bourse du Travail aux lendemains du coup d’Etat a été dispersé par des jets de pierre, les militants et les responsables semblent plus timorés. Or, il semble que les observateurs ont besoin véritablement de savoir quel est le courant majoritaire dans la compétition entre pro et anti-putsch.

C’est pourquoi dans son intervention, la vice-présidente Fatoumata Siré Diakité, très en verve, a indiqué que la jeunesse doit sortir de sa torpeur. « Nous sommes au FDR, le regroupement le plus représentatif du peuple malien aujourd’hui. Nous ne devons pas avoir peur. Nous sommes constitués par une soixantaine de partis politiques les plus significatifs en République du Mali et une centaine d’associations dont celles qui comptent dans ce pays, sans compter la principale centrale syndicale, l’UNTM… « , a-t-elle rappelé.

Elle a cité les partis Adéma, Urd, Pdes, Udd, Parena, Psp, Ufdp…des associations comme l’APDF, le CNJ, etc. Pour l’ancienne ambassadrice du Mali en Allemagne, il faut que le FDR montre à la face du monde qu’il rassemble la majorité des Maliens, qui n’aspirent qu’à vivre en paix, à être soutenus pour récupérer les 2/3 du territoire national occupé par des terroristes. « Nous réclamons l’intervention des troupes de la CEDEAO ou des troupes africaines pour aider notre armée à récupérer une partie de notre territoire occupée. Nos militaires, ou du moins ceux qui ont fait ce coup d’Etat stupide sont réticents à aller au front, mais qu’ils le veuillent ou non, ils iront. Ils ne peuvent pas causer des dégâts et refuser d’aller réparer « , a-t-elle martelé.

Mme Diakité n’a pas hésité à cracher ses vérités concernant les agissements du Premier ministre, Dr Cheick Modibo Diarra, dont il a rappelé » la malhonnêteté pour avoir changé la liste du gouvernement en cours de route en allant lui-même la déposer à l’ORTM. Du jamais vu dans l’histoire du Mali « . Et la vice-présidente du FDR de se désoler de voir le président de la République par intérim, Pr Dioncounda Traoré laisser tout dans les mains du Premier ministre. Elle n’a pas manqué de rappeler les péripéties qui ont jalonné la marche du regroupement anti-putsch depuis sa création spontanée au lendemain du coup d’Etat avant de mentionner les arrestations des personnalités, les menaces, la saccages de domiciles, les humiliations de personnalités telles qu’Iba N’Diaye lors du meeting du HCIM, etc.

D’autres intervenants dont Lassana Koné, Mme Kéita Salimata Kéita, Bassala Haïdara ont appelé les militants des différents partis membres à se lever pour sauver la République, dont l’existence est menacée par des « opportunistes, des restaurateurs, des agitateurs, à la solde de Cheick Modibo Diarra « . Pour plusieurs intervenants, chaque parti membre du FDR peut contrecarrer les « faibles mobilisations de la COPAM« . Comment comprendre que des groupuscules s’agitent pour faire croire que les Maliens ne veulent pas de l’intervention de troupes de la CEDEAO au Mali ; alors que l’écrasante majorité, incarnée selon eux par le FDR, appellent les amis du Mali à épauler son armée pour libérer le pays?

Mme Diakité a annoncé que chaque entité membre du FDR doit descendre à la base pour sensibiliser ses militants afin de les préparer à sortir massivement au cours d’un meeting ou une grande marche populaire qui pour commencer à Kati. « Nous devons montrer à l’Onu, au membre du Conseil de sécurité que les agitateurs de la COPAM, du MP-22 ne représentent rien. Nous devons prouver que nous sommes les plus nombreux et que nous sollicitons l’intervention des troupes étrangères pour aider notre pays. Et ces troupes doivent bel et bien prendre position à Bamako pour nous sécuriser et voir qui représente quoi dans ce pays « , a-t-elle déclaré sous les ovations de l’assistance.

Bruno D SEGBEDJI

01 Octobre 2012