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L’accord-cadre signé, le 6 avril 2012, est-il dans la ligne de mire du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR) ? Sans le dire clairement, le président de ce collectif composé d’une quarantaine de partis politiques et de cent (100) organisations de la société civile a émis des réserves au document dans un communiqué signé ce 23 avril 2012.

Pendant que la composition du gouvernement Cheick Modibo Diarra – celui chargé de conduire la transition – est attendue dans les prochaines heures, les leaders du FDR fulminent : «Malgré l’entrée en fonction du président de la République par intérim, le retour à l’ordre constitutionnel reste non effectif. La junte militaire continue de dominer la vie politique et refuse de se soumettre à l’autorité constitutionnelle».

Comme un cri de détresse, le président du collectif, Siaka Diakité, prend à témoins l’opinion nationale et internationale dans son communiqué. L’Assemblée Nationale, rapporte-t-il, est «assiégée depuis des semaines par des groupes extrémistes soutenus par certains milieux militaires, les députés sont empêchés d’accéder au parlement et d’accomplir leur mission». Selon lui, la radio et la télévision nationale sont toujours sous contrôle strict des militaires et des barrages de militaires toujours érigés en plusieurs endroits de la capitale.

Ce dispositif inquiète les responsables du front sur les intentions du Comité National de Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat (CNRDRE) qui, selon Siaka Diakité, a instauré «un climat de terreur» visant à amener la population «à accepter le fait accompli du coup d’Etat». De fait, réalise-t-il, la réalité du pouvoir est toujours exercée par les militaires. «En maintenant le CNRDRE, l’Accord-cadre légitime le coup d’Etat», conclu le secrétaire général de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM).

Si le 8 avril 2012, le FDR prenait «acte de l’accord cadre», le front anti-putsch se frotte aujourd’hui à la réalité de sa mise en œuvre et en revient à la conclusion suivante : le document «donne des pouvoirs exorbitants aux militaires qui sont chargés, entre autres, de la mise en place des organes de la Transition (désignation du Premier ministre, formation du Gouvernement, etc…)».

Seydou Coulibaly

Le 24 Avril 2012

© AFRIBONE