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Dans un communiqué rendu public, le 20 novembre, le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR) s’élève contre la résistance du général Amadou Aya Sanogo par rapport à une convocation qui lui a été adressée par la justice. La dénonciation marque un dénie des titres obtenues par l’officier pendant la transition.

jpg_une-2322.jpgLe FDR est «choqué par la complaisance que manifeste le Gouvernement à l’égard du capitaine Sanogo qui donne l’impression d’être intouchable». Auteur du coup d’Etat du 22 mars 2012 qui a renversé Amadou Toumani Touré et dont l’essentiel des partis politiques siégeait au gouvernement, le capitaine Amadou Aya Sanogo a été promu général de corps d’armée en août 2013 par le Pr. Dioncounda Traoré, alors président de la République par intérim.

Dans la foulée, le FDR a dénoncé cette promotion estimant qu’il s’agit d’une prime au coup d’Etat. Trois mois plus tard, le regroupement politique persiste : le général Sanogo est un «capitaine». Mieux, le titre d’ancien chef de l’Etat que lui portent certaines rumeurs n’en ait pas un.
Le président élu, Ibrahim Boubacar Keïta, a pris fonction le 19 septembre et l’essentiel de sa tâche a jusqu’ici visé à réduire l’influence de l’ex-junte. Face au chef de l’Etat – curieusement soupçonné par ses adversaires politiques de vouloir le protéger, la pression monte. Dernière confrontation : la comparution annoncée du général Sanogo devant un juge d’instruction pour s’expliquer sur des révélations de crimes commis à Kati, d’où est parti le coup d’Etat.

En fait, dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2012, des militaires du Camp des commandos parachutistes communément appelés les «bérets rouges» de Djikoroni ont tenté de renverser le Comité national de redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (Cnrdre) dirigé par Amadou Aya Sanogo. Le contre coup d’Etat sera réprimé dans le sang. Sur cette affaire et bien d’autres cas, la justice souhaite «entendre» le chef de l’ex-junte. Mais pour le FDR, le «capitaine nargue la justice… en toute impunité».

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 21 Novembre 2013