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Face à la volonté affichée de certaines presses étrangères qui, par méconnaissance pure et simple ou volontairement, crée la confusion auprès des visiteurs potentiels de notre pays, le directeur général de l’Office malien du Tourisme et de l’hôtellerie, Oumar Balla Touré, a rencontré la presse malienne le vendredi dernier dans les locaux de sa structure.

L’une des premières missions de l’Omatho, il faut le souligner, est de faire connaître et apprécier le produit touristique du Mali tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est pour cette raison d’ailleurs que l’Omatho participe à tout ce qu’on appelle foires, salons internationaux, rendez-vous touristiques, organise des éductours, des voyages de presse.

Toutes choses qui sont des modules de communication tournés vers l’extérieur et qui sont aussi importants en matière de développement du tourisme si on sait que ces derniers viennent des pays émetteurs de touristes. Ce sont tous ces efforts déployés par l’Omatho qui ont permis de rendre attrayante la destination Mali.

Mais aujourd’hui que le Mali traverse des zones de turbulence au regard des problèmes qui sévissent dans l’extrême Nord du pays, certaines ambassades occidentales ont déclaré la zone allant de Mopti à Kidal, zone dangereuse. En clair, ils déconseillent à leurs ressortissants d’éviter ladite zone qui à leurs yeux est une zone rouge.

Or, si la presse nationale aussi s’empare de cette information et ne véhicule pas le message de façon diplomatique, de façon intelligente, son travail peut mettre à l’eau toutes les actions de promotion que l’Omatho a entreprises depuis longtemps et compromettre même l’élan et l’envol du tourisme malien dans la sous-région.

L’exercice du vendredi dernier initié par le directeur général de l’Omatho était non seulement de sensibiliser les hommes de médias mais surtout de leur montrer ce que l’Omatho a comme panoplie de matériels de promotion (affiches, plaquettes, CD, DVD).

Par ailleurs, Oumar Balla Touré voulait aussi recevoir des hommes de média du Mali des suggestions tendant à les aider dans leur mission de promotion, de communication et par-delà essayer de créer un lien entre le tourisme et le monde de la communication.

Aux journalistes présents, le directeur général de l’Omatho dira : «la zone de conflit est distante des zones touristiques comme Gao de plus de 500 km, de Tombouctou de plus de 900 Km, de Mopti de plus de 1000 Km».

Quant au secrétaire général du ministère du tourisme et de l’artisanat, Almamy Koréïssi, qui présidait la cérémonie, il reconnaîtra lui aussi que «la crise dans l’extrême Nord du pays a une incidence sur l’activité touristique».

Et d’insister auprès des journalistes maliens en disant que «si l’information est mal véhiculée, ça peut détruire toute la politique de promotion touristique menée jusqu’à présent». Selon lui, il faut faire en sorte que cette information ne détruise pas ce qui est en train d’être fait. Il faut savoir donner l’information car «sans communication, le tourisme peut difficilement se développer».

«Il n’y a pas de sécurité zéro. Il n’y a pas un seul pays où il n’y a pas d’insécurité» ajouta le secrétaire général du ministère du tourisme et de l’artisanat.
Et de rassurer les journalistes en indiquant qu’en «dépit de cette situation désastreuse dans le Nord-Mali, l’essentiel des sites touristiques n’est pas sous influence.

Il n’y a pas d’incidence sur la destination touristique au Mali car en 2007 on a enregistré plus de 10 % d’augmentation…». Selon lui, il faut éviter «que le tourisme malien ne soit pas victime de l’information véhiculée incorrectement». Aujourd’hui, les touristes ne sont pas effrayés par la vente des produits touristiques du Mali à l’extérieur, tiendra-t-il à préciser.

Pour le directeur général de l’Omatho, Oumar Balla Touré «quelque part, les journalistes peuvent être d’un apport inestimable dans la connaissance du Mali en général mais du tourisme en particulier». Selon le directeur général de l’Omatho, sa structure a élaboré depuis deux ans des affiches sur tous les sites touristiques (99 000) ; 132 000 dépliants sur toutes les régions et les sites touristiques du Mali, des livres de luxe. Avec l’appui de la Banque mondiale, l’Omatho a pu mettre aussi sur le marché des CD et des DVD.

Ces DVD sont composés de cinq éléments : sur le fleuve avec comme titre «au fil du fleuve Niger» ; l’Univers Dogon qui incite les touristes à visiter les falaises de Bandiagara ; un Océan de sable ; le Mali en couleurs qui donne le concentré de Djenné, Sikasso, Kayes, Bamako entre autres et enfin le Mali en images qui est le concentré en CD des danses touristiques et des danses traditionnelles du Mali. Ces CD qui sont souvent vendus ou offerts gratuitement sont en versions française et anglaise.

Birama Fall

07 Juillet 2008