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En marge de la destruction, jeudi dernier sur la route de l’aéroport, d’une quantité importante de drogues/stupéfiants par la direction nationale de la pharmacie et du médicament (DPM), son directeur Pr. Ousmane Doumbia, nous a accordé une interview.

Il nous parle, entre autres, des causes du développement de la toxicomanie, des mesures prises pour motiver les agents des services de répression afin de mieux combattre le fléau et de l’état du combat contre la drogue.

Les Echos : Qu’est-ce qui fait qu’il y a de plus en plus de jeunes drogués dans notre pays malgré un combat acharné contre les stupéfiants ?

Ousmane Doumbia : Je pense que c’est la globalisation, la mondialisation et le mode de vie qui expliquent cela. Le contact est plus facile. Les habitudes qui existent ailleurs sont connues à travers les nouvelles technologies de l’information. L’éducation de l’enfant pose beaucoup de problèmes aujourd’hui.

C’est tout cela réuni qui peut éventuellement expliquer le développement de la toxicomanie Et, ce n’est pas un cas particulier au Mali. Loin s’en faut.


Les Echos : Bamako est devenu un lieu important de transit de drogues et des produits stupéfiants, qu’est-ce qui, selon vous, explique cela ?


O. D. :
Le trafic de drogue est certes une délinquance, mais ne relève pas de notre mission. Notre rôle est de recueillir les stocks saisis et de procéder à leur destruction. Nous ne pouvons pas justifier pourquoi les gens sont allés à ça.

Cela dit, cela peut être éventuellement justifié par le fait que la toxicomanie est en train de se développer dans le monde entier ou que les cartels ont noté quelque part que nous avons des faiblesses au niveau de nos services de contrôle et de répression.


Les Echos : Voulez-vous dire que nos services de répression ne font pas leur travail ?


O. D. :
Honnêtement, je pense que les services de répression sont en train de faire un travail extraordinaire. Maintenant, comme dans tous les domaines, les malfrats trouvent toujours d’autres techniques pour contourner les filets qui peuvent été posés à chaque fois qu’on parvient à les cerner.

Sinon, à mon sens, il y a beaucoup de services de répression aujourd’hui qu’avant. Les services de répression sont en train de faire leur travail bien que tout cela soit relatif parce qu’aujourd’hui le trafic est plus développé qu’hier.


Les Echos : Avez-vous fait quelque chose pour mobiliser les agents des services de répression afin qu’ils puissent faire plus ?

O. D. : Il faut rappeler qu’il y a une loi qui existe sur la répression du trafic de drogue. Dans cette loi, c’est le ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile qui est le chef de file.

La loi a été votée, mais il n’y a pas de décret d’application. Une commission est en train de rédiger les textes d’applications de cette loi. Il y a deux mois, ils ont fait une réunion. Dans les préoccupations, les échanges ont prouvé qu’il faut nécessairement, comme au niveau de la douane, motiver les agents des services de la répression.

Les douaniers sont motivés par rapport à leur saisie. Nous sommes en train d’analyser dans quelle mesure on peut motiver les agents des services de répression. C’est tout à fait normal que ça se passe comme ça parce que la saisie de drogue est plus importante que celle des autres produits frauduleux.

Propos recueillis par

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

19 Mai 2008