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Non à l’intolérance et au sectarisme, pour une dynamique partenariale au sein de toute la presse malienne, le travail de pionnier du journal « Les Echos » au sein du paysage médiatique malien. Ainsi pourrait se résumer le point de presse animé hier 17 mars 2009, à la Maison de la Presse, par les premiers responsables de Jamana, à l’occasion du 20e anniversaire du journal «Les Echos».

Dans la poursuite des activités de célébration du vingtième anniversaire du journal « Les Echos », une conférence de presse, qui s’est voulue être une causerie, a réuni une bonne partie de la presse malienne. Au présidium, on notait la présence de Hamidou Konaté, le directeur de la coopérative culturelle multimédia Jamana, Alexis Kalambry, directeur de publication du journal « Les Echos », ses prédécesseurs Salif Berthé et Tiégoum Boubèye Maïga, le responsable commercial de Jamana, Yaya Sangaré.

Pour planter le décor, Alexis Kalambry a souligné, d’entrée de jeu que la rencontre visait à célébrer la presse malienne dans son ensemble. Une presse dont le parcours est jalonnée de vicissitudes.

Pour le directeur général de la coopérative culturelle Jamana, cette causerie est une occasion pour lui et tous ses collaborateurs d’exprimer toute leur gratitude, non seulement à la presse dans son ensemble, mais aussi et surtout à tous leurs partenaires et lecteurs. Tout ce beau monde qui fait qu’aujourd’hui, Les Echos et Jamana en général sont fiers d’exister et de célébrer vingt ans de travail acharné d’information.

« Au moment où le journal « Les Echos » naissait, on s’est rendu compte que l’espace médiatique malien était trop étroit. De 1960 à 1983, l’espace médiatique était composé uniquement de trois journaux appartenant tous à l’Etat. Ces différents médias véhiculaient surtout des messages officiels du gouvernement et les populations y avaient difficilement accès », a déclaré M. Konaté.

Il faudra attendre septembre 1983 pour voir naître la première revue indépendante du Mali, « La revue Jamana », le premier journal édité par la coopérative culturelle Jamana, initiée par Alpha Oumar Konaré, ancien président de la République. Six ans plus tard, le 17 mars 1989, le premier numéro de « Les Echos » seront… disponibles.

Pour le patron de Jamana, la liberté d’expression est, aujourd’hui, une réalité dans notre pays. Mais il y a encore des défis à relever en terme de compétitivité. Ceci, eu égard à la nécessité de diffuser les journaux sur toute l’étendue du territoire, le coût élevé des intrants comme le papier, l’impression, etc. Il faut aller vers un rassemblement des énergies pour construire de grandes entreprises de presse, des agences de communication et de publicité dignes de ce nom.

Par ailleurs, M. Konaté a déploré le mépris dont fait l’information journalistique. « Les procureurs s’autosaisissent souvent ; mais face à des révélations et des accusations avec preuve dans la presse, on observe une indifférence coupable », a-t-il déploré. Il a souligné, en outre, la question de l’intolérance qui fait qu’aujourd’hui par exemple « Les Echos » (comme d’autres titres) sont étiquetés  »journal de l’opposition ». A ce propos, Hamidou Konaté a sorti ses gonds : « nous ne sommes ni de l’opposition, ni du pouvoir. Nous sommes avec le peuple ; notre parti, c’est le Mali ».

D’autres intervenants comme Salif Berthé, Tiégoum Boubèye Maïga, Mme Coulibaly Salimata Diarra, Djiguiba Kéïta dit PPR ont magnifié ce vingtième anniversaire du « journal militant » qu’est « Les Echos », et ont, les uns après les autres, exprimé leur fierté vis-à-vis du parcours de ce journal qui est, il faut le dire, toute une école. Les questions des confrères ont porté essentiellement sur l’absence du président fondateur de Jamana, le président Alpha Oumar Konaré à ces festivités, la gestion de Jamana et des Echos, les difficultés liées à la direction d’une entreprise de presse comme Jamana…

Par rapport à la première préoccupation, Hamidou Konaté dira que Alpha n’est pas présent à ces manifestations du vingtième anniversaire pour des raisons personnelles. Pour lui, Jamana et«Les Echos» sont, aujourd’hui, à l’abri de la précarité.

Pour Alexis Kalambry, diriger un journal comme « Les Echos » n’est pas chose aisée et constitue un défi que son équipe, dans une ambiance bon enfant, essaie de relever chaque jour.

Bruno Djito SEGBEDJI

18 Mars 2009