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Le DG de Gabriel Touré dans le collimateur des internes

Profitant jeudi matin d’une assemblée générale d’information au Centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré, les faisant fonction d’interne ont manifesté leur colère et ont mis en garde le directeur de l’hôpital Gabriel Touré qui, selon eux, met en cause l’application du protocole d’accord et le mémorandum prônant l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Les revendications des internes, qui se sont traduites par des grèves intempestives, l’année dernière, avaient mis à genou les établissements sanitaires, perturbant sérieusement leur fonctionnement normal. Plusieurs étudiants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) avaient même été arrêtés et emprisonnés au lendemain de l’organisation d’un concours d’internat contesté par les étudiants.

C’est donc à l’issue de ces événements douloureux qu’un protocole d’accord a été signé le 24 novembre 2006 entre le ministère de la Santé, les responsables des établissements hospitaliers et la coordination nationale des internes. Aujourd’hui, les internes ne décolèrent plus à cause du retard pris dans l’exécution du protocole d’accord et même du mémorandum signé le 24 avril 2007.

Selon le coordinateur national des internes, Samou Diarra, le directeur du CHU Gabriel Touré est le principal responsable du blocage dans l’application du protocole d’accord et du mémorandum. Il a révélé que ce dernier dit ne pas reconnaître le mémorandum. Le paiement des 500 F CFA par jour et par interne inscrit dans le protocole a commencé, selon les internes, dans certains centres de référence, mais à Gabriel Touré le directeur aurait refusé de payer le dû des faisant fonction d’interne arguant que les conventions ne sont plus valables.

Aussi, les internes maintiennent toujours leur position sur l’organisation du concours d’internat. «Nous n’avons rien contre le concours d’internat, il faut qu’il soit organisé avec les élites et non avec une minorité d’étudiants. Il faut aussi que les gens qui ne seront pas admis aient un statut car nous ne pouvons pas admettre après plus de 10 ans d’études que nous soyons jetés comme des laissés-pour-compte sans statut », a expliqué Samou Diarra.

M. Diarra s’est indigné contre le fait que les travaux d’organisation des thèses soient suspendus à la FMPOS. A l’en croire, cette mesure nuit aux efforts de recherche des étudiants finalistes qui sont en manque de moyens. Or, dans le mémorandum, il est dit que « les étudiants en année de thèse dans les établissements publics hospitaliers (EPH) bénéficient, pendant une période n’excédant pas 2 ans, d’une indemnité mensuelle de 15 000 F CFA jusqu’à la soutenance. Que le concours ait lieu ou pas », a-t-il rappelé.

Les futurs médecins ont averti qu’ils ne céderont pas tant que leurs doléances ne seront pas satisfaites. Le spectre d’un bras de fer qui ne profite ni aux patients ni aux autres usagers des hôpitaux est bien là.

Amadou Waïgalo

18 avril 2008.