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Si nous croyons en Dieu, non seulement avec notre intellect, mais de tout notre être, nous aurons à cœur d’aimer toute l’humanité, sans distinction de race ou de classe, de nation ou de religion. Aujourd’hui encore, le peuple malien continue de payer au prix fort les différentes politiques menées par les différents hommes qui se sont succédé à la tête du pays. Après l’indépendance, le seul héritage que nos dirigeants nous ont laissé, c’est l’ethnocentrisme. Allons-nous continuer à garder cette tendance à vouloir privilégier les valeurs et les formes culturelles du groupe ethnique auquel on appartient ?

Aujourd’hui, on est malade de cette « gangrène, » qu’on soit Maliens de l’intérieur ou de l’extérieur. Inconsciemment ou non, tous les citoyens semblent reproduire le même schéma en s’organisant en associations de ressortissants de Gao, de Ségou, du Mandingue, etc… C’est ce qui explique malheureusement aujourd’hui la primauté de l’ethnie sur la Nation. Depuis l’indépendance, on n’a jamais voulu construire la maison Mali et aujourd’hui, on s’étonne d’être aussi désuni.

Durant ces 50 dernières années, les Maliens ont été malades de ces politiques qui les ont divisés, déstructurés et éloignés les uns des autres.
Notre Mali est une mosaïque d’ethnies, de cultures et de religions. Nous connaissons-nous assez bien pour accepter toute cette diversité et vivre dans ce qui est le destin commun? Malheureusement, la réponse à cette question est non. Pour l’intérêt suprême de la Nation, il serait souhaitable que les Maliens cultivent le rapprochement et le dialogue afin de faire tomber bien des préjugés. Cette diversité est une richesse qui devrait nous rendre plus forts. Mais aujourd’hui, elle nous a plutôt affaiblis et divisés.

Allons-nous œuvrer pour un renforcement des valeurs intrinsèques des hommes et femmes de notre Nation afin de créer un fondement solide pour un Mali nouveau et prospère dans lequel le Malien sera considéré à sa juste valeur et non par ses origines sociales ou ethniques ? Allons-nous œuvrer pour le renforcement de la solidarité qui a toujours caractérisé la société africaine ? Allons-nous œuvrer pour que le patriotisme et l’amour entre Maliens ne soient pas seulement une façade pour embellir les discours politiciens? Allons-nous œuvrer pour un Mali au service de sa nation et de son peuple ? Le destin a voulu que toutes ces ethnies constituent la communauté nationale. Quoi qu’il advienne donc, nous sommes une famille qui doit vivre ensemble. Il est encore temps qu’on réfléchisse en tant que communauté nationale et non en tant que groupe ethnique.

La communauté nationale a plus que payé les forfaitures de nos différents dirigeants et leaders d’opinion. C’est pourquoi nous en appelons à tous les Maliens, de quelque qu’origine qu’ils soient, pour qu’ils acceptent le principe du vivre ensemble afin de sortir notre Nation de ces clivages « moyenâgeux ». Notre devoir, c’est de défendre la communauté nationale toute entière et surtout, la liberté et la justice pour les Maliens. Emmanuel Mounier soulignait : « Le combat pour la justice ne doit pas étouffer la liberté, mais la liberté humaine, loin d’être sans condition, était toujours une liberté sous conditions ». Unissons-nous et battons-nous donc pour que la liberté et la justice pour les Maliens ne soient pas sous conditions. Cette liberté doit permettre aux Maliens d’avoir la capacité d’inventer et de se projeter en avant vers des nouvelles options.

Le Fouineur

Le Combat du 24 Août 2012