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« Respectez les engagements de vos prédécesseurs et l’année sera sauvée « 

Le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, Amadou Touré, était hier face aux députés de l’Assemblée Nationale pour répondre à la question orale du député Bréhima Béridogo du PARENA sur la crise que traverse l’école malienne. Au cours de cette séance, le député a proposé quelques solutions de sortie de crise au ministre.

Ces mesures consistent, entre autres, à faire reprendre le dialogue, lever les obstacles juridiques, de ne pas attendre les grèves ou les préavis pour commencer à chercher les solutions aux problèmes. «Respectez les engagements pris par vos prédécesseurs et l’année sera sauvée» a lancé le député PARENA au ministre.

L’école malienne est malade. Elle souffre des maux qui sont, entre autres, l’insuffisance de personnel qualifié, des années scolaires tronquées, des programmes inachevés, de la baisse inquiétante du niveau des élèves et étudiants, la situation est plus que préoccupante, a relevé le député PARENA d’entrée de jeu.

Selon le député, la politique de l’éducation et de la formation de notre pays est dans une impasse grave caractérisée par une crise chronique de confiance entre l’Etat les partenaires de l’école ainsi que le corps enseignant.

A l’intention du ministre, Bréhima Béridogo a souligné que « l’improvisation, le tâtonnement, le manque de concertation et le non-respect des engagements pris qui ont marqué l’action de l’Etat, ces dernières années, ont entraîné une situation grosse de périls pour l’avenir. Dans les villes et dans les villages, les pères et les mères de famille vivent dans l’anxiété, tant les perspectives sont loin d’être rassurantes « .

Il a soutenu que, de 2005 à 2006, plus de 12 000 titulaires du DEF n’ont pas été orientés. En 2007-2008, ce chiffre a doublé. Les 8 % du personnel de l’enseignement fondamental et secondaire sont constitués de contractuels et il n’y a eu aucun recrutement dans ce secteur depuis 1999. A moins de 10 semaines de la fin de l’année, il n’y a eu aucune évaluation dans l’enseignement secondaire, technique et professionnel public.

C’est la crise de confiance entre le gouvernement et les syndicats avec comme conséquence immédiate le spectre de l’année blanche. D’autre part, il a relevé qu’au niveau de l’enseignement supérieur, l’année scolaire 2006-2007 n’a pas encore pris fin dans certaines facultés comme la Faculté des sciences Juridiques et Politiques (FSJP).

Paraphrasant un grand pédagogue, le ministre Amadou Touré, dans sa réponse, a déclaré qu’en matière d’éducation, s’attarder est un grand malheur. Concernant l’orientation des élèves titulaires du DEF, le ministre Amadou Touré a expliqué qu’en 2006, sur un total de 64 127 élèves susceptibles d’être orientés, 11 150 ne l’ont pas été soit 17,38 %.

Dans la même logique en 2007, sur 77 649 élèves admises au DEF, 14 731 n’ont pas été orientés, soit 18,28 %, les conditions et modalités d’orientation des élèves titulaires du DEF sont fixées par l’Arrêté n°03-161/MEN du 26 juillet 2003 qui stipule, en son article 2 : « dans la limite des places disponibles être âgé de 17 ans au plus ou exceptionnellement de 18 ans pour les filles n’ayant pas doublé la classe de 9ème « .

A le croire, pour pallier la situation, le département a déjà adopté un certain nombre de mesures, en l’occurrence la composante formation professionnelle du PISE II avec son volet apprentissage de 22 899 jeunes déscolarisés. Pour lui, si la loi garantit le droit à l’éducation à chaque citoyen, elle ne fait pas obligation à l’Etat d’assurer à tous un enseignement public au-delà du cycle fondamental.

Plus loin, il indiquera que la gestion de l’année académique à l’Université, conformément aux normes du (Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur) CAMES, il est généralement admis qu’une année universitaire ne peut être validée que si elle s’étale au minimum sur 25 semaines.

Evoquant les mesures visant à sauver l’année scolaire 2007-2008, le ministre Touré indiquera que sur les 39 points de revendications traités, 27 ont reçu une réponse favorable dont la mise en œuvre a commencé.

Par ailleurs, le cahier de doléances de l’AEEM a fait l’objet de plusieurs rencontres entre les ministres en charge de l’Education et le Bureau de Coordination de l’AEEM. En plus, les relations avec les promoteurs d’établissements privés se normalisent avec le paiement en cours des frais scolaires.

Face à ces réponses l’Honorable Bréhima Béridogo, a répliqué en disant qu’il est temps d’arrêter de chercher à sauver les années scolaires, mais plutôt à sauver l’école malienne. Bréhima Béridogo de soutenir que les enseignants ne sont pas trop nombreux, les élèves et étudiants non plus.

Ils sont d’ailleurs en nombre insuffisant a-t-il précisé. « Respectez les engagements de vos prédécesseurs et l’année sera sauvé. Car faire les évaluations en dehors de ceux chargés de dispenser les cours n’est pas la solution » a-t-il ajouté.

Avant de conclure que  » le hic est que l’école n’est pas une priorité, elle est laissée pour compte. M le ministre, l’école est le passage obligé pour le développement, c’est la route du développement et elle n’a pas de prix ».

D’autres questions relatives à la crise des infrastructures, le manque de planification et d’anticipation des problèmes ainsi que le budget alloué à la recherche étaient à l’ordre du jour.


Ramata TEMBELY

25 Avril 2008