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Le délégué général aux élections était devant la presse, pour faire le bilan des opérations d’exécution du fichier électoral. Selon le général Siaka Sangaré, les opérations de saisies des nouvelles inscriptions sont terminées. 2 millions 500 mille mouvements en termes de radiation s et corrections ont été enregistrés. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, ce que les observateurs qualifient de » meilleur expert africain en matière électorale » parle de la possibilité de faire voter les Maliens, qui se sont réfugiés suite aux événements dans le nord, même s’il n’est pas habilité à prendre cette décision. Le Général Siaka Sangaré se dit satisfait par rapport au chronogramme des opérations.

Comment vous avez eu ce résultat satisfaisant ?

Général Siaka Sangaré : Nous avons mis en place un dispositif technique, matériel et humain nous permettant d’atteindre aujourd’hui ce niveau d’exécution. S’agissant du dispositif matériel, nous avons acquis deux gros serveurs, avec des capacités de stockage importantes et des micros processeurs rapides. Nous avons des lecteurs de code barres, qui nous permettent d’avancer et qui évite de faire beaucoup d’erreurs. Nous avons 100 PC qui sont déployés dans les salles et 80 portables, qui sont déployés avec 25 imprimantes laser.

Le dispositif humain est composé du personnel habituel de la Délégation générale aux élections, mais en plus de cela, nous avons recruté pour les besoins de la cause 210 agents de saisie qui travaillent en 3 groupes.

Le premier groupe monte de 8 heures à 16 heures, le second groupe de 16h 30 à 22 heures 30, et le troisième, de 23heures à 5 heures du matin. Vous voyez que nous travaillons pratiquement 24heures /24. Pour ce qui est du dispositif technique, nous avons amélioré le module de gestion du fichier électoral. Nous avons sécurisé tout le dispositif matériel et technique en mettant en place, un système de vidéosurveillance et également en sécurisant le circuit électrique. Nous avons mis en place un dispositif qui nous permet de travailler même en cas de panne d’électricité.

Est-ce qu’il y a eu des difficultés, si oui lesquelles ?

Vous savez ça, c’est propre à tout système de mise en œuvre du fichier électoral. Le fichier, je l’ai dit souvent, c’est l’outil le plus important dans la préparation et la mise en œuvre d’un processus électoral. Aujourd’hui, à travers toute l’Afrique francophone, il fait l’objet de beaucoup de controverses. Il y a deux semaines, je faisais un communiqué là-dessus au cours d’un séminaire international. Ces difficultés ont comme dénominateur commun l’état défaillant du système d’Etat-civil. Nous avons dit qu’il faut aujourd’hui inscrire dans les préoccupations de l’administration, de façon générale, du gouvernement en particulier, la rénovation, la modernisation de l’Etat-civil et il se trouve qu’au Mali, nous sommes en train déjà de le faire. Nous avons des difficultés qui sont liées à la défaillance du fichier électoral.

Notamment, le rapprochement des électeurs à leurs bureaux de vote. On avait mis en place un dispositif qui, normalement, à travers la création des fiches d’affectation. Si ces fiches étaient bien remplies cette année, les électeurs allaient être très proches de leurs bureaux de vote, surtout dans les centres urbains et dans les milieux nomades. Malheureusement, ce n’est pas tout à fait le cas. Cela constitue une source de préoccupations pour nous. Mais, nous pensons qu’avec la compréhension des uns et des autres, avec l’appui de tout le monde surtout dans les milieux nomades, avec la contribution des chefs nomades et les chefs de fractions et des leaders politiques dans ces zones nomades, nous pourrons résoudre le problème, comme en 2007.

Le problème ne serait pas posé si les fiches d’affectation avaient été bien remplies. Il en est de même pour les électeurs de l’étranger. Il y a aussi la radiation des détenteurs des cartes non retirées. On a constaté que toutes les commissions administratives n’avaient pas terminé ces travaux, qu’elles avaient commencé ce qui fait que nous avons pris des dispositions avec le ministère de l’Administration territoriale pour pouvoir apporter des corrections.

Je pense qu’aujourd’hui pratiquement à 90%, sinon j’allais dire la totalité des cartes d’électeurs non retirées en 2009 sont sur le point d’être radiées. Ce sont là quelques difficultés, qui ne sont pas de nature à entamer la fiabilité du fichier électoral. Ce sont des difficultés, si les solutions préconisées avaient été mises en œuvre facilement, je suis sur que ces difficultés n’allaient pas exister. On devrait avoir beaucoup plus d’améliorations par rapport aux autres années. Surtout pour ce qui est du rapprochement des électeurs des bureaux de vote.

Est-ce que les réfugiés maliens pourront voter?

La décision n’appartient pas à la délégation générale aux élections, elle doit être prise à d’autre niveau, mais je dis que techniquement administrativement, nous devrons être en mesure certainement pour prendre des mesures, pour pouvoir faire voter ces déplacés, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Parce que dans ces pays limitrophes, nous avons mis en place, pendant la révision des listes, des commissions administratives qui ont très bien fonctionné.

Peut-être qu’avec les membres de ces commissions, on peut parvenir à faire voter les déplacés. Mais, il n y a pas que des conditions techniques et administratives, il y a les paramètres politiques, parce que les réfugiés sont sur d’autres territoires. Encore, je précise que la décision n’appartient pas à la DGE mais à d’autres niveaux.

A quand la distribution des cartes d’électeur ?

Nous avons passé la commande. Le délégué général aux élections et le président de la CENI doivent aller superviser la confection des cartes d’électeur à partir de la semaine prochaine en Espagne.
Nous devrons en principe recevoir les premiers arrivages à partir du 10 mars et la personnalisation doit commencer à partir du 12 mars. Les derniers documents seront remis le 26 mars. Il s’agit des cartes d’électeurs pour la présidentielle et le referendum, la distribution des cartes commencent le 28 mars. Le 15 juillet, les autres documents seront remis pour les élections législatives. Nous n’avons pas de souci avec les cartes d’électeur, c’est vrai qu’en un moment on avait des soucis. Mais aujourd’hui, ces soucis sont dissipés.

Propos recueillis par Kassim TRAORE

L’Indépendant du 05 Mars 2012