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Le couple présidentiel ivoirien bat de l’aile depuis quelques jours. L’idylle entre Laurent et Simone Gbagbo a fait place, ces derniers temps, à une véritable inimitié. Le pire n’est pas à écarter…

Le Palais présidentiel ivoirien est en ébullition. Depuis environ une semaine, plus rien ne va entre Simone et Laurent Gbagbo. De sources concordantes proches du Palais, le couple présidentiel serait même au bord de la séparation.

Les rapports entre les deux époux se sont franchement détériorés le jeudi 14 février, jour de la Saint Valentin, fête pourtant dédiée aux amoureux. Ce jour-là, à la résidence du couple présidentiel, sise à Cocody les Ambassades, Simone Gbagbo prend violemment à partie Narcisse Kuyo Téa, dont elle exige le limogeage séance tenante. La raison ? La Première Dame accuse publiquement le chef de cabinet de Laurent Gbagbo d’être le pourvoyeur en conquêtes féminines du président de la République. Pour le chef de l’Etat, son épouse vient de franchir le rubicond. «De quel droit se permet-elle de s’en prendre aussi frontalement à mes collaborateurs ?», s’en est offusqué Laurent Gbagbo.

Le numéro un ivoirien considère l’acte de la députée d’Abobo et présidente du groupe parlementaire FPI à l’Assemblée nationale comme un crime de lèse majesté.

Aussitôt, le chef de l’Etat prend des mesures draconiennes à l’encontre de son épouse. Laurent Gbagbo dissous dans la soirée du jeudi 14 février le cabinet privé de la Première Dame. Et, pour joindre l’acte à la parole, le président de la République fait immédiatement annuler une mission de la Première Dame à Gagnoa, où Simone Gbagbo devait séjourner du vendredi 15 au mardi 19 février. La délégation qui la précède ce jeudi-là dans la ville natale du chef de l’Etat est sommée, vers 18 heures, de rebrousser chemin sur Abidjan, alors qu’elle se trouvait non loin de Tiassalé. Entre temps, le Directeur de cabinet de Mme Gbagbo, M. Tayoro Gbotta, se voit convoquer au Palais présidentiel au Plateau, où il est «entendu» pendant près de six heures (de 16H à 22H).

Depuis cet incident, toutes les activités de la Première Dame ont été mises en berne jusqu’à nouvel ordre. Et de sources bien introduites, les deux époux ne déjeuneraient ni ne dîneraient plus ensemble depuis cette date…

L’«affaire Nady Bamba» au centre du scandale

Selon certaines indiscrétions proches du Palais, la montée de l’adrénaline au sein du couple présidentiel serait due à plusieurs affaires, dont l’un des points culminants est l’«affaire Nady Bamba». De notoriété publique, «Petite maman», comme on l’appelle dans le cercle présidentiel (ou la «Deuxième République» selon les mauvaises langues et les journaux de l’opposition) est connue pour être la «seconde épouse» du président Laurent Gbagbo.

La fondatrice et PDG de l’agence de publicité «Cyclone» et du quotidien «Le Temps» ne s’en cache d’ailleurs pas. Après un moment de «traversée du désert», Nady Bamba qui aurait un fils d’environ six ans avec le chef de l’Etat ivoirien a opéré un retour en grâce auprès de Laurent Gbagbo avec qui elle s’affiche de plus en plus en public, voire lors de cérémonies officielles. Ce qui a eu pour conséquence d’irriter profondément Simone Gbagbo.

Nady Bamba aurait même les faveurs des faucons autour du président de la République, notamment Allou Wanyou, le Directeur du Protocole d’Etat, Sarata Ottro Touré, Directrice adjointe du cabinet présidentiel et «sœur Dioula» de Nady Bamba, Kuyo Téa Narcisse et surtout Koudou Jeannette, sœur cadette du chef de l’Etat ivoirien, qui a gardé une dent dure contre sa belle-sœur depuis l’épisode du Général Mathias Doué (Koudou Jeannette entretenait des relations intimes avec l’ex-chef d’Etat-Major de l’armée ivoirienne limogé fin novembre 2004 sur insistance de Simone Gbagbo).

Va-t-on vers le syndrome Winnie Mandela ?

L’histoire politique sud-africaine aura-t-elle sa réplique en Eburnie ? Même si le contexte est différent, on n’est pas à l’abri du «syndrome Winnie Mandela» en Côte d’Ivoire. En effet, «Mama Africa», comme on l’appelle en pays Zulu, a fait les frais de la «realpolitik» en Afrique du Sud. Sorti de prison après 27 ans de détention, Nelson Mandela a été poussé par l’appareil de son parti, l’ANC (Congrès national africain), à se séparer – pour diverses affaires troubles – de Winnie avant son accession à la Magistrature suprême, en mai 1994. «Madiba» et «Mama Africa» partageaient pourtant 38 ans de mariage et de lutte politique…

Simone Ehivet Gbagbo – comme Winnie Mandela – a connu les vicissitudes de la vie politique. Elle a bravé la clandestinité pendant le parti unique, la répression et la prison aux premières heures du multipartisme ; elle a été l’une des figures de proue de la résistance ivoirienne pendant la rébellion armée qui a menacé d’emporter le régime de Laurent Gbagbo… A l’instar de Winnie Mandela, le système aura-t-elle raison de celle qu’on surnomme en Côte d’Ivoire la «Dame de fer ?» Sur le sujet, Simone Gbagbo a sa petite idée.

«Laurent (Gbagbo) n’est pas arrivé tout seul au pouvoir. Il a fallu qu’il y ait des gens pour le mettre là où il est aujourd’hui. Et moi, je suis au cœur du système et je suis indéboulonnable. Rien ni personne ne pourra me faire bouger de ma place», aurait confié la Première Dame à un membre influent de son cabinet. Ambiance !

Par Anassé Anassé pour connectionivoirienne.net

10 Mars 2008.