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Le bureau du Collectif des ressortissants du nord (COREN) était face à la presse le dimanche 8 avril dernier à la Maison de la Presse. Il voulait s’entretenir avec les journalistes sur la situation qui prévaut dans les régions nord de notre pays et les actions qu’il compte entreprendre dans le cadre de la résolution et de la sensibilisation par rapport à la crise.

Cette conférence de presse était animée par le président du Coren, Malick Alhousseyni, avec l’assistance de Me Malicki Ibrahima Maïga, président de la commission chargée de recenser les atteintes à la vie et à la dignité humaine et d’Abdourahamane Touré, président de la commission d’aide d’urgence et humanitaire.

«Nous vous avons conviés aujourd’hui pour vous parler du drame humain qui est en cours dans les régions aujourd’hui occupées de notre pays par des terroristes et des islamistes. En ce qui concerne la proclamation d’indépendance illusoire sur les régions du nord, le Coren pense que celle-ci est l’œuvre d’une frange ultra-minoritaire de la communauté touarègue», a déclaré Malick Alhousseyni d’entrée de jeu, après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire des victimes de cette crise. Cette conférence de presse intervient au moment où la communauté internationale condamne avec fermeté cette déclaration du MNLA.

En effet, pas plus que le samedi 7 avril dernier, à l’occasion d’une rencontre avec le représentant du médiateur désigné par la CEDEAO, le ministre des affaires étrangères du Burkina Faso, le Coren a été conforté dans sa démarche. Ce dernier lui a affirmé que la communauté internationale ne saurait en aucune façon cautionner une proclamation d’indépendance par des moyens armés.

Pour Malick Alhousseyni, en rencontrant le Coren, le médiateur voulait comprendre les enjeux de la crise au nord du Mali. «Au moment où nous vous parlons, les populations des régions occupées sont en proie à toutes sortes de barbaries. Après avoir démoli le tissu socioéconomique, les terroristes et les bandits sont en train de se livrer à des atteintes à l’intégrité physique de nos parents: viols de nos sœurs, de nos filles, de nos tantes; confiscation des libertés fondamentales des populations, qui sont terrorisées et qui sont obligées de suivre des codes vestimentaires qui sont étrangers à nos coutumes», a-t-il dit.

Pour le président de la commission chargée de recenser les atteintes à la vie et à la dignité humaine, le Coren se prépare à saisir la justice internationale pour les crimes qui ont été commis par les membres MNLA et les salafistes. Pour ce faire, Me Malicki Ibrahima Maïga a expliqué qu’il collectait les preuves de viols, d’agressions physiques, d’assassinats et d’autres crimes. «Nous avons des images, des vidéos, des témoignages des victimes, que nous vous ferons connaître dans les jours à venir», a-t-il martelé, avant de dire que le MNLA est une organisation fantoche qui n’a existé que grâce à la presse internationale qui a cautionné les propos mensongers proférés contre notre pays.

Protestant contre l’intervention des islamistes, Me Maïga a indiqué que c’est la seule partie de notre pays où l’islam a été introduit sans les armes. «Les populations ont volontairement adhéré à cette religion, de leur propre chef, sans être contraintes», a-t-il ajouté. Avant de s’interroger: «qu’est-ce que ces gens ont à nous apprendre dans la religion? Absolument rien», a-t-il répondu.

Youssouf Diallo

12 Avril 2012