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A la Brigade spéciale de ce Pôle dirigée par le commandant de gendarmerie Moussa Zabour Maïga, les enquêteurs nagent déjà dans une incertitude totale.

Au fil de l’audition des membres du Comité National d’Organisation du 23e Sommet Afrique-France (CNOSAF), les enquêteurs se rendent, en effet, compte qu’ils ont été entraînés dans un montage grotesque.

Le dilemme des enquêteurs de la Brigade spéciale du Pôle économique et financier de Bamako se situe au niveau du rapport rédigé par la mission conjointe du Contrôle général des services publics et de l’inspection des finances.

Ce rapport qui se trouve être l’élément déclencheur de la machine judiciaire est fondamentalement différent de celui qui a été adressé au président du Comité National d’Organisation du 23e Sommet Afrique-France (CNOSAF), Tiébilé Dramé le 13 mars 2006.

Mieux, ce rapport ne lui a jamais été communiqué alors qu’il contient des griefs qui n’ont pas été portés à sa connaissance et sur lesquels, il n’a pas eu l’occasion de s’expliquer.

Plus grave, toutes les appréciations positives qui figuraient dans le 1er rapport ont été enlevées et remplacées dans le second rapport par des critiques contestables.

C’est là une démarche peu orthodoxe qui viole délibérément le principe du contradictoire qui est un principe sacro-saint dans notre arsenal juridique.

Au niveau des hautes sphères de la justice malienne, on se demande encore comment les agents du Contrôle général des services publics et de l’Inspection des finances ont pu tomber dans une telle légèreté.

Une faute professionnelle très grave qui jette le discrédit sur le travail des structures de Contrôle de l’Etat.

Selon un haut magistrat, le hic dans cette affaire c’est l’existence de deux rapports contenant des constatations et conclusions diamétralement opposées. Ce qui remet en cause la sincérité même du rapport transmis à la justice pour des besoins d’enquête.

Le même magistrat fera en outre savoir que dans cette affaire, il y a eu manipulation des éléments du rapport soit en amont, soit en aval.

En analysant de très près, on se rend compte que des agents assermentés de l’Etat ont accepté de se dédire dans le simple dessein de nuire à l’honorabilité et à la respectabilité d’un citoyen qui a tant donné à sa patrie.

Cette affaire du Sommet Afrique-France 2005 qui défraie aujourd’hui la chronique n’est donc ni plus ni moins qu’une malveillante manipulation dans le simple but de salir le président du Comité d’Organisation. Une enquête machiavélique contre un homme politique craint pour son indépendance d’esprit.

Mais ce qui est surtout dangereux et regrettable dans toute cette histoire, c’est le fait de se servir des rapports du Contrôle général d’Etat comme un moyen de chantage contre les hommes politiques et des cadres de l’administration centrale indépendants d’esprit.

Birama Fall

18 septembre 2006.