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Les pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine devraient enregistrer un taux de croissance moyen de 4,5% en 2011 contre 3,9% en 2010. C’est ce qui ressort des travaux de la session ordinaire du Conseil des ministres de l’UEMOA qui se sont déroulés le 7 janvier sous la présidence du ministre des Finances de Guinée Bissau, José Mario Vaz, président du Conseil des ministres de l’Union.

Le président du Conseil des ministres de l’UEMOA a relevé dans son mot d’ouverture que la situation économique, financière et monétaire de l’Union, au troisième trimestre 2010, a évolué dans un environnement international marqué par une reprise modérée de l’activité économique. Dans ce contexte, a-t-il poursuivi, l’UEMOA devait enregistrer en 2011 un taux de croissance de 4,5% contre 3,9% en 2010 et 3% en 2009. A en croire toujours Jose Mario Vaz, les anticipations de hausse de la production vivrière ont permis de contenir les pressions inflationnistes à 1,3% en 2010 contre 1,1% en 2009.

« En vue de doter notre Union de dispositifs endogènes et de lui permettre de mieux faire face aux défis du secteur financier international, soumis, ces dernières années, à de nombreux soubresauts, nous avons décidé, au cours de notre réunion de mars 2010 à Bissau, de la mise en place d’un Comité de Stabilité Financière  » a poursuivi le président du Conseil des ministres. Ce nouvel organe a pour mission de favoriser la concertation, la coopération et la coordination entre les autorités ayant en charge la réglementation et la supervision des différents segments des secteurs bancaire et financier de la zone UEMOA.

 » Le démarrage effectif des travaux de ce Comité, qui a tenu sa première session le 29 octobre 2010 à Dakar, constitue une étape importante dans le processus de consolidation des bases de la stabilité du système bancaire et financier de l’Union  » s’est réjoui M.Vaz.

Au terme de ses travaux, le Conseil des ministres, au titre de la BCEAO, s’est préoccupé de I ‘impact de la crise politique en Côte d’Ivoire sur la situation monétaire, économique et financière dans l’Union. Les ministres ont, à cet égard, demandé aux Organes et Institutions de I ‘Union de leur soumettre prochainement une évaluation globale des répercussions de cette crise sur la situation macroéconomique de l’Union.

Le Conseil s’est, en outre, préoccupé de la faiblesse de l’activité économique dans l’UEMOA et a appelé à I’ accélération des travaux visant l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’actions pour relancer, de façon durable, la croissance des économies de l’Union. A cet égard, les ministres ont relevé la nécessité d’accroitre les investissements dans les infrastructures en vue d’améliorer Ie potentiel de croissance des économies des Etats membres.

Les ministres ont noté l’orientation imprimée par la Banque Centrale à la politique monétaire qui privilégie un accompagnement de la croissance économique, tout en maintenant une vigilance permanente face aux risques inflationnistes. Le Conseil s’est, par ailleurs, félicité de la décision de la BCEAO d’uniformiser les coefficients de réserves obligatoires, applicables aux banques dans les Etats membres de l’Union.

Au titre de la Commission de l’UEMOA, Ie Conseil a examiné et adopté des projets de textes touchant plusieurs domaines de I’ intégration.

Les membres du Conseil ont d’abord examiné la situation économique et financière des économies de l ‘Union en 2010 et les perspectives pour 2011. Ils ont noté une accélération de la croissance de l’activité économique de l’Union. Toutefois, Ie taux de croissance de l’Union reste en deçà de celui de I’ Afrique subsaharienne. Afin de donner plus d’impulsion à l’activité économique, le Conseil des Ministres a, à nouveau, souligné l’impérieuse nécessité de préserver un climat sociopolitique apaisé et d’accélérer le rythme de mise en œuvre des réformes et des politiques sectorielles, notamment celles visant à accroitre les capacités de production de I’ énergie électrique et améliorer Ie climat des affaires.

Les membres du Conseil se sont ensuite préoccupés de la situation difficile des finances publiques qui se traduit par des déficits budgétaires élevés avant d’exhorter les Etats membres à poursuivre les efforts d’assainissement des finances publiques par I ‘amélioration des recouvrements et la poursuite des efforts de maitrise des dépenses courantes, notamment la masse salariale.

Le Conseil a, également, examiné les programmes pluriannuels de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité au titre de la période 2011-2015 de sept Etats-membres. Le Conseil a approuvé ces programmes et demandé aux Etats-membres de prendre toutes les dispositions nécessaires pour la mise en œuvre effective des mesures contenues dans lesdits programmes.

Le Conseil a, enfin, invité le Burkina Faso à transmettre son programme pluriannuel à la Commission de I’UEMOA.

Yaya SIDIBE

12 Janvier 2011.