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Le Conseil des ministres d’hier mercredi a abrogé le décret portant nomination du Général de corps d’armée Amadou Haya Sanogo en qualité de président du Comité militaire de suivi de la réforme des forces armées de défense et de sécurité. Ce qui, en réalité, constitue une dissolution tacite dudit Comité. La disparition de cet organe prévu dans l’accord de Ouagadougou du 6 avril 2012 instituant une transition au Mali pose la question de savoir de ce que va devenir le Général Amadou Haya Sanogo qui le dirigeait depuis le 12 avril 2013.

En effet, promu par le président de la transition, le Pr Dioncounda Traoré, au grade le plus élevé de l’armée malienne, le Général Sanogo ne peut servir ni en qualité de chef d’Etat-major général des forces armées, ni de ministre de la défense car avec son statut d’ancien chef d’Etat de fait ( même si ce fut pour quelques jours), il se trouverait en situation de sous ordre par rapport au premier ministre et au président de la République qui seront installés. Le même scénario prévaudrait s’il était mis à la disposition du ministère des Affaires étrangères et déployé dans une ambassade du Mali. Il serait dans ce cas sous les ordres du chef de ce département.

En tout état de cause, le maintien du Général Sanogo au sein des forces armées, son milieu naturel, pourrait créer plus de problèmes qu’il n’en résoudrait, son élévation au grade de Général de corps d’armée ne faisant pas l’unanimité au sein de la grande muette.

Il s’y ajoute l’hostilité d’une partie de la classe politique, notamment le Front pour la démocratie et la République (FDR) qui a énergiquement combattu le coup d’Etat de mars 2012, à la promotion qui lui a été faite. Au demeurant, ce regroupement politique a annoncé dans une lettre ouverte au président intérimaire son intention d’attaquer devant la justice le décret portant nomination de l’ex- capitaine Sanogo au rang de Général de corps d’armée.

Des associations de la société civile ont également dénoncé la promotion faite à l’ex-chef de la junte et décidé d’organiser un rassemblement populaire de protestation le 24 septembre.

Alors quid du Général Amadou Haya Sanogo ?

La réponse à la question posée pourrait résider dans sa mise à la réserve de l’armée.
En d’autres termes, il accéderait à une « retraite confortable » avec le traitement prévu par les textes pour un Général de corps d’armée ( villa de fonction, voitures, gardes du corps, gratuité des soins de santé pour lui-même, son épouse et ses enfants etc). Toutes choses auxquelles son statut de président du Comité de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité lui donnait déjà droit. Moins l’aptitude à exercer un commandement sur des unités.

Abdoulaye DIARRA

29 août 2013.