Partager

C’est un militaire à la retraite doublé d’un homme politique qui s’est exprimé sur les opérations militaires qui opposent, depuis près de deux semaines, les forces armées à des rebelles touaregs.

L’Union des Forces Démocratiques et du Progrès (UFDP) a tenu, en décembre 2011, son deuxième congrès ordinaire à San, région de Ségou. Pour restituer les conclusions de ces assises, les responsables du parti ont tenu une conférence de presse, le 28 janvier 2012. Le centre d’intérêt de cette conférence était de réaffirmer la nécessité de «l’organisation d’élections libres et transparentes, sans fraude et sans corruption».

Mais l’actualité sociopolitique du pays notamment la recrudescence du conflit armé dans le nord s’est imposée aux conférenciers. A l’instar de nombreux observateurs, l’UFDP, au cours de son congrès, avait souligné qu’il n’y a pas de doute : la crise libyenne aura des «conséquences dramatiques» sur le plan sécuritaire dans la bande sahélo saharienne. La dégradation de la situation dans le septentrion malien atteste donc cette hypothèse. Les insurgés maliens ont été identifiés, pour la plupart, comme des combattants de l’armée libyenne de Mouammar Kadhafi, auxquels se sont finalement ralliés des éléments du mouvement Al Qaeda au Maghreb Islamique (Aqmi).

«L’heure est grave mais nous n’avons pas le droit de nous tromper» a assuré le président de l’UFDP, le colonel à la retraite Youssouf Traoré. Ce qui est à craindre, selon lui, c’est l’amalgame tendant à mépriser toute la communauté touareg du pays qui pourrait naître de cette situation. «C’est une infime minorité qui mène cette insurrection. Beaucoup de touaregs sont contre la rébellion» a indiqué Youssouf Traoré.

La gestion durable de cette crise passe, selon le parti de l’éléphant, par une coordination d’efforts entre l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger. Dans tous les cas, assurent les responsables de l’UFDP, il faut privilégier le dialogue. Ce qui compte, en plus, selon le colonel Youssouf Traoré, c’est que l’on «s’attache à sauver» les prochaines élections générales.

Seydou Coulibaly

30 Janvier 2012

©AFRIBONE