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Tôt le vendredi 14 septembre, Tinzawaten (localité malienne située à la frontière algérienne) s’est réveillée sous le pilonnage au mortier de la bande de Ibrahim Ag Fagaga, retranchée dans les collines.

L’armée malienne, qui contrôle cette bourgade a riposté et continue de résister aux attaques du terroriste Bahanga. Durant toute la journée, les bombardements ont continué jusqu’au moment où nous mettions sous presse, samedi en début de soirée. Aucun bilan s’est pour l’instant dressé par les deux belligérants : l’armée malienne et le terroriste Bahanga.

La direction de l’information et des relations publiques des armées s’est, pour sa part, contentée d’un communiqué laconique dans lequel, on relève ceci :  » Le ministère de la Défense et des Anciens combattants informe le public que le vendredi 14 septembre, aux environs de 6h30 du matin, le poste militaire de Tinzawaten a fait l’objet d’une attaque de la part des hommes armés appartenant aux groupes d’Ibrahim Ag Bahanga. Par cet acte, celui – ci rompt la trêve qu’il s’était engagé à respecter par l’intermédiaire de M. Iyad Ag Ghaly qui avait entrepris des démarches d’apaisement à son endroit. Les forces armées maliennes, fidèles à leur mission de défense opérationnelle du territoire, rassurent les populations qu’elles prendront toutes les dispositions nécessaires au rétablissement de la paix et à la préservation de l’intégrité territoire « .

Approché par nos soins pour d’amples informations, le colonel Abdoulaye Coulibaly, le directeur de l’information et des relations publiques des armées, nous a indiqué que la politique de défense du Mali repose sur la «  dissuasion de toute velléité d’agression et, le cas échéant, la riposte. Nous ne sommes pas une armée d’agression.
Le conflit actuel est intra-Maliens. C’est pourquoi nous travaillons pour imposer la paix et sécuriser les Maliens. Cependant, nous n’acceptons pas qu’ils tirent sur nos hommes. Nous n’admettrons non plus aucune mise en cause de l’intégrité territoriale, de l’unité nationale, des institutions de la République et de la Loi fondamentale.
 »

A la question de savoir pourquoi l’envoi de renforts dans la région de Kidal si l’armée ne veut pas faire la guerre, le colonel a été très clair : « il ne s’agit pas de renforts mais de la relève. Nos hommes se portent bien et ont un bon moral. Le poste militaire de Tinzawaten dérange Bahanga parce que c’est le passage des trafiquants de drogue, d’armes et de cigarettes. Ce passage est, pour le moment, bouché par nos troupes « .

Le colonel Coulibaly est manifestement en phase avec la politique du dilatoire de l’Etat qui consiste à repousser la résolution des problèmes, quand il soutient : « on ne peut pas aller trop vite. Nous avons une armée totalement responsable, républicaine. Nous sommes très fiers de notre armée. Depuis le début des hostilités aucune communauté touareg, arabe et autres n’a été inquiétée par l’armée. Les différentes communautés vivent en symbiose au Mali. Et l’armée travaille avec sérénité et discernement. C’est pourquoi, nos forces armées et de sécurité n’ont pas réagi à tout ce que Bahanga a fait. La guerre n’est pas la solution. Vous voyez ce qui ce passe au Darfour et ailleurs. Nos militaires partent sur tous les théâtres de conflit pour secourir d’autres peuples, ramener la paix et la sécurité. Alors, pourquoi ferions-nous la guerre au Mali contre des Maliens? Non, nous allons imposer la paix et non la guerre« .

En outre, du côté des Touaregs, Ibrahim Ag Bahanga est désapprouvé par toutes les notabilités et députés de la région de Kidal. Nombreux sont les jeunes Touaregs de cette localité qui se sont volontairement inscrits pour soutenir l’armée malienne contre Bahanga.

Rappelons que, depuis le 27 septembre dernier, Bahanga a ouvert les hostilités contre l’armée malienne et détient actuellement une trentaine d’otages militaires.
La médiation de l’ex – rebelle Iyad Ag Aghaly n’a permis de libérer qu’une dizaine d’otages militaires à titre humanitaire.

La trêve que Iyad a conclue avec Bahanga, il y a 18 jours afin de pouvoir impliquer l’Algérie voisine dans la médiation a été unilatéralement rompue par l’assassin Bahanga.

Rappelons enfin que ce criminel de haut vol a tué une quinzaine de personnes, le 30 septembre, sur la route de Tinzawaten où il a posé des mines anti-chars. A suivre

Chahana Takiou

17 septembre 2007.