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Pour raison de « violation par le gouvernement de l’agenda de négociation présenté aux syndicats pour trouver une solution à leurs doléances », le collectif des syndicats de l’éducation a tenu une assemblée générale d’information, à l’Ecole nationale d’ingénieurs (Eni) le 5 mai 2010. Une grève sur toute l’étendue du territoire national du Mali du 10 au 21 mai prochain est projetée. C’est dire que l’on se dirige vers une paralysie totale de l’école malienne.

Le Collectif des syndicats de l’Education est composé de la Coordination Syndicale de l’enseignement secondaire (Coses), de la Fédération de l’éducation nationale (Fen) et de la Fédération nationale de la recherche de l’éducation et de la culture (Fenarec).

Les raisons qui ont amené cette assemblée générale ont été expliquées par le président du collectif des syndicats de l’éducation, Youssouf Diarra. « Après l’échec de nos négociations avec le ministre de l’éducation, de l’alphabétisation et des langues nationales, le premier ministre a rencontré les syndicats de l’enseignement pour discuter. Au sortir de cette rencontre, le gouvernement nous a présenté un agenda de travail pour que nos points de revendication sur l’indemnité de logement, l’intégration à la fonction publique des collectivités, le statut, le plan de carrière et la relecture des textes, les cadres organiques, le payement des salaires des contractuels, soient discutés ».

Ces négociations devaient commencer le 29 avril pour se terminer en Août et être renvoyées à l’assemblée nationale au mois de septembre pour adoption. « Quand l’agenda nous a été présenté, nous avons écrit au ministre de l’éducation pour émettre des réserves. Il n’y a pas eu de réponse à notre lettre. Et avant d’aller à la rencontre le 29 avril dernier, des arrêtés d’intégration à la fonction publique des collectivités sont sortis. Pour nous, cela représente une violation de l’agenda que le gouvernement lui-même nous a présenté », a fait savoir Youssouf Diarra.

Et de poursuivre, « c’est pourquoi nous avons déposé un préavis de grève de douze jours allant du 10 au 21 mai 2010 si les six points de revendications ne sont pas satisfaits ».

Il s’agit de la finalisation des négociations sur les taux de l’indemnité de logement aux enseignants du secondaire et du fondamental dans les meilleurs délais, de l’intégration des enseignants contractuels à la Fonction publique de l’État, la prise d’un nouveau décret fixant la composition, l’organisation et des modalités de fonctionnement du conseil supérieur de l’éducation, le respect de la liberté syndicale notamment dans le secteur de l’enseignement privé, la relecture du décret portant statut particulier du personnel enseignant de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale, l’application immédiate des cadres organiques des directions des Académies d’enseignement (AE) et des Centres d’animation pédagogique (Cap).

Par ailleurs, le collectif s’abstient de participer à toutes activités officielles (ateliers, séminaires, conférences, formations etc.) organisées par les départements en charge de l’éducation. Séance tenante, la base du collectif qui a répondu massivement à l’appel a donné l’autorisation d’aller en grève.

C’est dire que si rien n’est fait d’ici lundi prochain, l’école malienne connaîtra une paralysie totale. En plus de la grève, le syndicat projette d’organiser des marches à travers tout le pays. « Préparez vous à tous les combats, y compris concernant les examens. Après ces douze jours de grève, les marches de protestations viendront probablement. La grève illimitée n’est pas à exclure. En 2010 ou on gagne, ou on perd », a martelé le secrétaire général de la Fen, M. Kalapo.

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Arrêt de travail du Sycef

Le Syndicat des contractuels de l’enseignement fondamental (Sycef), membre du collectif des syndicats de l’éducation, a profité de cette Assemblée Générale pour lancer un appel à ses militants, en vue de l’observer d’un arrêt de travail ce jeudi 6 mai 2010.

Cela jusqu’au payement de leurs arriérés de salaires. « Si nos arriérés de salaires sont payés d’ici le 10 mai prochain, nous reprendrons les cours, mais après avoir observé la grève du collectif qui débutera du 10 au 21 mai 2010. Dans le cas contraire, si nous ne sommes pas payés, nous observerons une cessation de travail à partir de ce jeudi jusqu’à lundi, puis nous enchaînons avec la grève projetée par nos camardes du collectif des syndicats de l’Education dont nous sommes membres », a déclaré le porte parole du Sycef.

Hadama B. Fofana

Le Républicain du 06 Mai 2010.

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Pour non-respect du chronogramme par le département de l’éducation : Le COSES projette dix jours de grève à partir du lundi 10 mai

La salle de conférence de l’ENI a servi de cadre, le mercredi 5 mai, à la tenue de l’assemblée générale du Collectif des syndicats de l’Education (COSES). Au cours de cette conférence, le Collectif a décidé d’observer une grève de dix jours à partir du lundi 10 mai si ses doléances ne sont pas satisfaites. Parmi lesquelles l’intégration inconditionnelle des enseignants contractuels à la Fonction Publique de l’État.

Pour enfoncer davantage le clou, le Collectif a décidé de ne plus participer à aucune activité officielle organisée par les départements en charge de l’Education tout en se réservant le droit de reconduire sa grève et d’entreprendre toutes les actions appropriées jusqu’à l’aboutissement de ses revendications.

Cela sans aucune forme de préavis. C’est, du moins, les grandes décisions prises par le Collectif lors de cette assemblée générale tenue dans la grande salle de conférence de l’ENI pleine à craquer.

Au regard de ces décisions, plus besoin de dire que rien ne va plus dans le secteur de l’enseignement public au Mali. D’ailleurs, la COSES, qui regroupe en son sein plus d’une dizaine de syndicats, envisage de paralyser les établissements scolaires publics à partir du 10 mai pour réclamer la finalisation des négociations sur les taux de l’indemnité de logement aux enseignants du secondaire et du fondamental dans les meilleurs délais, l’intégration des contractuels à la fonction publique de l’Etat.

S’y ajoute la prise d’un nouveau décret fixant la composition, l’organisation et les modalités de fonctionnement du Conseil Supérieur de l’Education, le respect de la liberté syndicale notamment dans le secteur de l’enseignement privé, la relecture du décret portant statut particulier du personnel enseignant de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale, l’application immédiate des cadres organiques des directions des Académies d’enseignement (AE) et des Centres d’animation pédagogique (CAP).

Aujourd’hui, on est en droit de penser que la rupture est presque totalement consommée entre les principaux syndicats des enseignants et le département de l’Education.

La raison, « aucune des parties n’est prête à faire un iota de concession ». Les syndicalistes pointent du doigt les autorités de vouloir saboter le système éducatif ainsi que l’agenda des négociations du 22 avril 2010 par la prise d’arrêtés portant intégration d’enseignants contractuels à la fonction publique des Collectivités territoriales.

« Mauvaise volonté et mépris » sont les maîtres mots des enseignants pour qualifier l’attitude de l’État et se disent prêts à aller jusqu’au bout. Quant aux écoliers et élèves du public et leurs parents, ils assistent impuissants à ce bras-de-fer en priant le ciel pour que cette année scolaire ne soit pas purement et simplement une année blanche.

Ramata TEMBELY

L’Indépendant du 06 Mai 2010.

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Grèves à l’Ecole :La Coses, la Fen et la Fenarec s’ajoutent au Snesup

Le chronogramme de négociation que l’État a proposé aux syndicats d’enseignants est mis en cause par ces derniers qui estiment que le gouvernement a violé son propre agenda, notamment, au sujet des négociations sur l’intégration des contractuels à la fonction publique.

Le Collectif des syndicats d’enseignants (Coses, Fen, Fenarec) a, à l’issue de son assemblée générale mercredi 5 mai à l’Ecole nationale d’ingénieurs (ENI), décidé d’exécuter son préavis de grève du 10 au 21 mai 2010 au motif que l’État a violé son propre agenda de négociations en prenant l’arrêté d’intégration des contractuels à la fonction publique. Or, ce point qui constitue une des revendications majeures du Collectif devrait, conformément à l’agenda, être au centre des négociations à partir du 13 mai 2010.

On se le rappelle, le Premier ministre qui fait face à une persistance de la crise scolaire a rencontré, il y a quelques semaines, l’ensemble des partenaires sociaux de l’école pour renouer les fils du dialogue. Modibo Sidibé, qui a réitéré la volonté de son gouvernement de satisfaire les doléances des enseignants avant la fin de l’année 2010, a soumis un nouvel agenda de négociation.

C’est dans ce cadre, qu’il était prévu le 13 mai prochain des discussions entre le gouvernement et les syndicalistes sur la question de l’intégration des contractuels à la fonction publique. « L’une de nos revendications majeures est bien l’intégration des contractuels à la fonction publique », a rappelé Youssouf Diarra, secrétaire général de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses).
Or, le ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales a publié, il y a quelques jours, l’arrêté d’intégration des contractuels à la fonction publique, ce qui devait clore le débat sur cette revendication.

Malheureusement, les enseignants ne sont pas satisfaits des procédures d’intégration. Cependant, avec l’arrêté qui confirme l’intégration des contractuels à la fonction publique, les grévistes voient une volonté du gouvernement d’anticiper les négociations avant même les négociations. Ainsi, Youssouf Diarra a révélé la volonté de son mouvement d’organiser éventuellement une marche de protestation pour mieux se faire entendre.

A noter qu’il y a, au total, six points qui sont inscrits dans le préavis de grève du collectif. Il s’agit de la finalisation des négociations sur le taux de l’indemnité de logement aux enseignants du secondaire et du fondamental dans les meilleurs délais, la relecture du décret portant statut particulier du personnel enseignant de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale…

Amadou Waïgalo

Les Échos du 06 Mai 2010.