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Mis sur les fonts baptismaux le vendredi dernier au Camp Para : Le Collectif des épouses des bérets rouges disparus projette d’organiser une marche sur la Primature et un sit-in devant la résidence du Général Sanogo à l’ex-base

C’est le vendredi dernier, au Camp des commandos parachutistes de Djicoroni, que les parents et épouses des 23 bérets rouges disparus lors des affrontements sanglants du 30 avril-1er mai 2012, se sont réunis pour former une association dénommée » Collectif des parents et épouses des bérets rouges disparus « . Selon ses membres, le tout-nouveau bureau, composé d’une dizaine de personnes, va animer dès ce mercredi un point de presse à la Maison de la presse. Il projette en outre d’organiser, le samedi prochain, une marche sur la Primature qui sera suivie d’un sit-in devant la résidence de l’ex-patron du CNDRE, le Général de corps d’armée Amadou Haya Sanogo, à l’ex-base.

Ce sont là les principales décisions prises à l’issue de cette rencontre où étaient présents les parents, veuves, fils ou filles des bérets rouges disparus à la suite des affrontements meurtriers du 30 avril-1er mai 2012. Selon des responsables de cette association, que nous avons rencontrés au Camp Para, » trop, c’est trop « . Ils disent avoir assez attendu sans avoir obtenu la moindre information sur leurs maris, pères ou fils disparus lors desdits événements.

D’après nos informations, les soldes de ces bérets rouges disparus continuent pourtant à être versées à leurs parents alors que ces derniers ignorent toujours s’ils sont morts ou vivants. Sur certaines fiches de paie, il est marqué comme lieu d’affectation de ces militaires disparus » 311 CCS- Kati ». Ce qui en rajoute à l’inquiétude des parents de ces bérets rouges dont certains ont été présentés à la télé comme étant des…mercenaires. Selon une responsable du Collectif, le jour des affrontements meurtrier, ce sont en tout cinq bérets rouges qui auraient été tués. Où sont alors les 23 disparus ? Voilà la seule réponse que le Collectif souhaite recevoir de la part du Premier ministre Oumar Tatam Ly, lors de la marche qu’il entend organiser sur la Cité administrative le samedi prochain.

«Haya n’est pas au-dessus de la loi»

C’est la colère au sein du Collectif quand quelqu’un évoque le nom du capitaine bombardé Général Amadou Haya Sanogo. Car, l’espoir de ces centaines de parents et d’épouses de bérets rouges disparus était que la justice puisse entendre l’ex-putschiste sur ces cas présumés de disparitions voire d’exécutions sommaires. Un espoir demeuré jusque-là déçu. Des proches de l’intéressé arguant (toujours) d’un statut » d’ancien chef d’Etat » qui le mettrait à l’abri de la justice. Le Général Moussa Traoré a été lui aussi chef d’Etat durant 22 ans et demi. Cela ne l’a pas empêché d’être jugé et doublement condamné à mort pour «crimes de sang» et «crimes économiques». C’est à la magnanimité du peuple malien qu’il a brimé qu’il doit d’être en vie.

N’ayant désormais que leurs yeux pour pleurer depuis le refus obstiné du Général Sanogo de répondre à la convocation de la justice, les membres du Collectif projettentmaintenant de tenir un sit-in devant la résidence de celui qu’ils considèrent comme détenant la clé de toute la vérité dans cette affaire tragique. Raison pour laquelle, au cours de cette assemblée constitutive, tous les participants étaient unanimes à dire que « Haya doit répondre devant la justice. Il n’est pas au-dessus de la loi» .

En attendant donc que la justice se fasse respecter dans le « cas Sanogo » , le Collectif projette de rencontrer la presse, le mercredi prochain, dans le but de sensibiliser les médias et l’opinion publique à sa cause légitime.

Mamadou FOFANA

L’Indépendant du 25 Novembre 2013