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C’est presque la sécession au nord du pays, une partie du territoire devenue un vaste champ d’intervention du CICR et où les hautes autorités de la République ne se rendent presque plus. La zone de production rizicole ou le grenier du Mali n’est pas épargnée par les attaques rebelles.


A Bamako, les actions de protestation se multiplient : après les marches de l’ATICM (Association des travailleurs compressés du Mali), de l’UNPR (Union nationale pour la renaissance), de la CSTM (Centrale syndicale des travailleurs du Mali) le COCIDIRAIL s’organise à prendre la rue le vendredi 6 juin.

Ouvrez toutes nos gares et haltes fermées et rendez-nous le chemin de fer”, indiquait Cheick Tabouré, membre du comité exécutif du Collectif Citoyen pour la restitution et le Développement Intégré du Rail malien (Cocidirail).

C’était au cours d’une conférence de presse organisée par le collectif, hier, à la Bourse du travail.

Tiécoura Traoré a fait savoir que la conférence de presse entrait dans le cadre de la célébration de la Journée nationale d’action du rail malien, prévue le 7 juin. Cette journée, a-t-il indiqué, intervient après la caravane citoyenne et solidaire organisée du 3 au 30 novembre 2007

Le Cocidirail, a ajouté Tiécoura Traoré, ne se lassera jamais de lutter pour atteindre ses objectifs. Le collectif appelle les organisations et toute l’opinion publique démocratique à participer massivement à la marche de protestation qu’il entend organiser, vendredi 6 juin et qui partira de la Bourse du travail à 10 heures à la Primature.

M. Cheikh Tabouré a déclaré : “Après les succès notoires de nos cinq années de lutte et de la caravane, nous restons plus que jamais convaincus que c’est seulement un Cocidirail fort, représentatif et puissamment organisé qui pourra travailler, pour atteindre ses objectifs, avec succès, à utiliser toutes les formes de luttes légales de masse nécessaires: déclaration, affichage, meeting, marche, protestation, campagne de pétition ou électorale, grèves, ville morte, occupation du rail etc”.

Pour M. Tabouré, la lutte se poursuit partout pour la réouverture immédiate et inconditionnelle de toutes les gares (en bonne et due forme) et le rétablissement de toutes les lignes intérieures du Mali (Bamako-Koulikoro, Bamako-Kita, Mahina-Kayes), l’augmentation du nombre de voitures pour voyageurs et de places dans les trains et la durée des haltes.

Le Cocidirail entend combattre les dilapidateurs connus des biens publics et lutter contre l’impunité par des sanctions.

Il demande la réintégration du docteur Tiécoura Traoré dans tous ses droits, l’apurement des droits des licenciés et des déflatés et leur reclassement, l’égalité des salaires, indemnités et primes d’ancienneté entre les travailleurs de Transrail, la sauvegarde et le respect du bénéfice des avantages sociaux acquis aux cheminots de toutes les générations et leurs ayants droit (permis, rentes viagères, gratuité des soins médicaux).

Le Cocidirail revendique aussi l’arrêt des plans de privatisation, de liquidation du secteur d’Etat et la réappropriation des secteurs stratégiques de l’économie : or, EDM, Transrail, CMDT, Office du Niger, Sotelma, Orange.

M. Tabouré souligne : “au lieu de dénoncer une concession manifestement désastreuse à tous égards (618 licenciements au Mali, braderie du patrimoine national du rail estimé à 107 milliards, concédé à 7 milliards, non pas sur fonds propres mais payable sur 7 ans et sur exploitation de la ligne),

le Mali et le Sénégal s’engagèrent à s’endetter à hauteur de 14 milliards pour l’achat de locomotives et voitures à remettre à Transrail pour une exploitation de 25 ans.

Le gouvernement malien se résolut à dégager un financement pour la réouverture des lignes intérieures.

C’est en application de toutes ces pressions qu’ATT, en pleine campagne électorale, s’est présenté aux électeurs à Kayes en mars 2007 et leur a dit : je vous avais promis le train voyageur. Il est là. Nous avons acheté 3 locomotives et 38 voitures avec toutes les commodités.

Cela a coûté au total plus de 13 milliards Fcfa. Bientôt le trafic va être effectif et toutes les gares seront rouvertes progressivement”. Le Cocidirail a fait remarquer que le propos est clairement électoraliste et traduit la récupération honteuse des luttes démocratiques, notamment du collectif contre la concession.

Mais, il doit être clair, a signalé M. Tabouré, que l’objectif du Cocidirail est diamétralement opposé à celui d’ATT et de ses maîtres impérialistes.

Là où le Cocidirail milite pour annuler la concession, a-t-il dit, ATT cherche à accompagner la concession et mieux, à spolier le peuple malien. On leur annonce, a souligné Cheikh Tabouré, la création d’une société commerciale qui serait chargée de diriger le trafic voyageur à côté de Transrail.

Il a soutenu : “le pouvoir démissionnaire d’ATT compte mettre en place une société commerciale pour non pas reprendre en mains et re-nationaliser totalement le chemin de fer, mais pour gérer en commerçant subalterne le trafic voyageur inévitablement déficitaire pendant qu’on rackette systématiquement les voyageurs et les cheminots”.

Le Cocidirail a martelé que l’Etat s’endette pour équiper Transrail et Vecturis (actionnaires franco-belges) en locomotives et voitures et leur laisse tirer le profit maximum du trafic marchandise bénéficiaire à tous égards. C’est, a-t-il affirmé, nationalement et socialement inadmissible!

Baba Dembélé

04 Juin 2008