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La fondation du centre malien du dialogue interpartis et la démocratie a organisé, hier jeudi 30 août 2012, à l’hôtel Al Farouk Kempinsky, un atelier d’échanges à l’intention de ses 52 partis membres. La cérémonie d’ouverture de cette rencontre a enregistré la présence du ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Colonel Moussa Sinko Coulibaly. Celui-ci a saisi l’occasion pour appeler au renforcement du cadre de concertation des partis politiques.

Pour le ministre Moussa Sinko Coulibaly, le thème de cet atelier, « le cadre de concertation des partis politiques avec le ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation » représente un sujet de dialogue entre l’Etat et les partis politiques pour une prise en compte efficiente des questions en rapport avec l’organisation des élections.

Il a exprimé sa satisfaction par rapport aux nombreuses missions déjà accomplies à travers le cadre. «Cependant, comme toute institution, ce cadre a besoin d’être évalué en fonction de l’évolution du processus démocratique». Ledit atelier, a-t-il ajouté, s’inscrit dans cette dynamique. C’est pourquoi le ministre a réitéré « sa volonté de soutenir cette initiative heureuse » et s’est montré disponible à apprécier toute proposition utile allant dans le sens du renforcement du cadre de concertation des partis politiques avec le ministère de l’Administration territoriale.

Pour sa part, le président de la Fondation CMDID, Seydou Nourou Kéita, a insisté sur le fait que l’émergence d’un débat politique sain sur les questions d’intérêt national pour l’approfondissement du processus démocratique malien représente un objectif majeur de la fondation CMDID.

La réalisation de cet objectif, a-t-il indiqué, passe forcément par la création de conditions idoines pour que les acteurs puissent se retrouver et échanger. « Plateforme de dialogue politique, la fondation CMDID facilite l’émergence du débat politique par la mise en synergie des actions diverses et la création de conditions idoines de participation sans considération partisane « , a souligné M. Kéita. Il a fait remarquer toutefois que la tenue ponctuelle de ce cadre ne permet pas de prendre en compte en tant réel la nécessaire ouverture de débats et de communication sur des activités politiques et publiques.

Rappelons que le cadre de concertation des partis politiques avec le ministère de l’Administration territoriale du Mali, comme l’a précisé Seydou Nourou Kéita, est une structure assez originale dans la sous-région et en Afrique. Il constitue un espace de discussions qui a permis la facilitation du débat politique sur des questions aussi importantes comme l’organisation des élections, le financement public des partis.

Ce cadre, a souligné le président de la fondation CMDID, représente également un créneau de communication efficace entre l’État et les partis politiques pour le bon traitement des questions en rapport avec les partis politiques. Il faut rappeler que le cadre de concertation entre le ministère de l’Administration territoriale et les partis politiques a été institué depuis 2001. Il représente un espace de dialogue et d’échanges pour contribuer à l’élaboration de textes et instruments de gestion politique participatifs pour l’approfondissement du processus démocratique malien.

A signaler que cet atelier de la fondation CMDID a été organisé grâce au partenariat avec l’institut néerlandais pour la démocratie multipartite (IMD) dont le représentant a pris part à la cérémonie d’ouverture. La rencontre a permis à l’ancien secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale, Mamadou Seydou Traoré de faire un exposé sur le cadre, sur le rôle des partis, etc.

L’ancien secrétaire général du MATCL, Mamadou Seydou Traoré rompt le silence

Lors des travaux de cet atelier sur le cadre de concertation des partis politiques, l’ancien Secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale, Mamadou Seydou Traoré, n’est pas allé de main morte pour asséner ses vérités. «On ne peut pas investir 17 milliards F CFA et dire que le RAVEC ne peut servir pour les élections. Je n’étais pas d’accord sur beaucoup de choses qui se décidaient au ministère… Finalement je n’étais pas associé à certaines décisions, à certaines rencontres»

Et l’ancien collaborateur immédiat du ministre Kafougouna Koné d’enfoncer le clou sur la gouvernance politique d’alors. «Tout le drame de ce pays, c’est qu’il n’y avait pas d’opposition mais des partis de contradiction. C’est ce qui a fait que le système s’est écroulé et tout le monde s’est écroulé avec. Excusez-moi, mais je n’ai pas ma bouche dans la poche. je n’ai plus de devoir de réserve…»

Bruno D SEGBEDJI

31 Août 2012