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«  Nous allons bientôt libérer des otages, des civils d’abord, nous allons aussi faciliter le déminage de notre secteur « . Ibrahim Ag Bahanga n’a pas poursuivi l’entretien parce qu’il ne parle que quelques mots de français. L’état-major de l’armée malienne a confirmé mardi soir à l’AFP avoir reçu «  par un canal sûr le message d’apaisement  » de Ibrahim Ag Bahanga.

«  Nous avons donné des consignes très strictes à nos unités dans le nord de ne pas bouger. Nous sommes dans un processus de paix, nous n’attaquerons pas les positions ennemies. Nous voulons la paix et non la guerre « , a déclaré à l’AFP un colonel de l’armée malienne. «  C’est le point de vue du président de la République, chef suprême des armées que je viens de vous donner « , a précisé cet officier. Interrogé pour savoir si l’annonce de la trêve était la conséquence de la médiation d’élus de de notables de Kidal (nord), de l’intervention de l’Algérie ou du chef touareg Iyad Ag Ghaly, le compagnon de Bahanga, après avoir consulté le chef rebelle, a répondu: «  oui, c’est grâce à tous ceux là « .

Une contrepartie a-t-elle été obtenue? «  Demandez à Bamako « , a-t-il laconiquement répondu. A cette question, un responsable de l’état-major de l’armée malienne a répondu: «  Le plus important, c’est paix, c’est le retour à la paix. Nous avons offert la paix.  » Le chef rebelle avait rencontré mardi une délégation de notables touareg de Kidal, à la suite d’une brusque montée de tensions dans le nord-est du pays.

Le 12 septembre, les hommes de Ag Bahanga avaient tiré sur un avion militaire américain venu ravitailler en « vivres » l’armée malienne isolée à Tinzaouatène, localité située à 2.000 km au nord-est de Bamako, près de la frontière algérienne. Deux jours plus tard, le 14 septembre, ils ont attaqué des positions de l’armée malienne à Tinzaouatène, avant d’être repoussés, rompant ainsi une trêve avec Bamako annoncée le 31 août dans le cadre d’une médiation menée par Iyad Ag Ghaly, chef du mouvement officiel de l’ex-rébellion touareg.

Dimanche, les rebelles ont de nouveau attaqué l’armée régulière près de Tinzaouatène. Selon l’armée, sept rebelles et un soldat ont été tués. Ces affrontements sont intervenus après l’enlèvement fin août d’une cinquantaine de personnes par les rebelles touareg. Environ 20 otages ont depuis officiellement recouvré la liberté. Quelque 30 personnes, selon l’armée, «  au moins 35  » selon leurs ravisseurs, sont toujours détenues. M. Ag Bahanga, qui n’a formulé aucune revendication après les enlèvements, a été accusé le 1er septembre par le gouvernement malien de vouloir prendre le contrôle du poste frontière de Tinzaouatène pour se livrer notamment au trafic de drogue.

BAMAKO (AFP) – Serge DANIEL

19 septembre 2007